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Le pays doit savoir comment préserver ses ressources d’hydrocarbures. L’énorme défi de l’Algérie

Va-t-on réellement avoir des problèmes dans dix ans? L’économie algérienne reste excessivement exposée aux moindres fluctuations du marché pétrolier mondial. Ses recettes d’hydrocarbures, actuellement en deçà de ses besoins, pourraient avoisiner les 34 milliards de dollars en 2020 soit leur niveau actuel ou à plus ou moins 20 milliards de dollars, selon les évolutions possibles de la “crise”, avertit un ex responsable de Sonatrach. D’abord parce que le pays dépend toujours de la rente pétrolière ensuite à cause du retard dans l’exploitation de ses ressources énergétiques non conventionnelles malgré le potentiel du sous-sol algérien. Le président de la république, Abdelmajid Tebboune, avait insisté sur la nécessité d’exploiter de “nouveaux gisements” particulièrement les ressources minières qui sont encore enfouies dans le Sahara algérien. Durant ces dix dernières années, les grands pays développés ont attaché une attention particulière à leur sécurité énergétique plutôt que de miser plus sur la “transition énergétique”. Quelle est cette “transition “en Algérie? Cela devrait amener à répondre par une autre question bien simple: hydrocarbures, gaz de schiste et énergies renouvelables, lesquels faut-il prioriser en ces temps de faiblesse des revenus pétroliers? Desquels dépend désormais l’avenir de l’Algérie? Faut-il s’en inquiéter? Le ministre de l’Energie, Abdelmajid Attar, a une solution. “Il faut savoir préserver le pétrole et le gaz d’une manière intelligente “ dit-il en insistant sur une augmentation du niveau des réserves prouvées”. Mais soudainement ressurgit au grand jour et comme non par hasard, la sempiternelle question de “rationalisation” de la dépense énergétique très centrée depuis plusieurs années sur la consommation intérieure pour les besoins de la sécurité énergétique. Tout compte fait , l’énorme défi pour l’Algérie est de savoir comment préserver ses ressources d’hydrocarbures, sachant que son économie reste dépendante, pour 98 % de leur exploitation, mais également, de trouver les bonnes solutions pour faire face à l’important problème du sous-emploi. D‘ailleurs ce n’est pas sans raison que les “emplois” dans le secteur énergétique n’ont pas été développés au courant des 20 dernières années au moins. Trop focalisante sur la rente, l’économie butait par un manque de recherches dans l’exploitation de nouvelles énergies malgré les lois votées. Le ministre observe que, comme le consacre la nouvelle Constitution, les ressources énergétiques sont la propriété de la collectivité nationale. Abdelmadjid Attar, signale en effet que la préservation des ressources énergétiques “prouvées”, tels le gaz et le pétrole en particulier, ont besoin d’être exploités avec “intelligence”. Faute de quoi, prévient-il, “au bout des dix années à venir on va avoir des problèmes. L’essentiel, selon lui, est désormais réservé à la consommation intérieure. Intervenant, lundi, à l’émission L’Invité de la rédaction de la chaîne 3 de la Radio algérienne, il considère que parce que la priorité a été donnée à la consommation intérieure, les Algériens n’auront pas à s’inquiéter pour leur sécurité énergétique, «au moins jusqu’à 2045». Mais, prévient-il, du fait qu’environ 96% de ces ressources sont encore réservées à leur placement sur les marchés à l’étranger, «un beau jour, il va falloir arbitrer». Pour préserver et pérenniser ces ressources, le ministre de l’Énergie estime qu’il va falloir passer par des décisions «courageuses», d’abord, en tentant d’augmenter le niveau des réserves prouvées, et ensuite, en changeant leur mode d’exploitation, notant qu’on y «retire trop, sans tenir compte du taux de récupération». Pour, par ailleurs, assurer la transition énergétique, il y a nécessité à développer les économies d’énergie et les énergies renouvelables, des chantiers dont l’invité relève qu’ils accusent beaucoup de retards. Des réserves d’hydrocarbures prouvées et exploitées, depuis 1952, Abdelmadjid Attar signale qu’elles étaient constituées de 2,5 milliards de mètres cubes de gaz et de 1,7 milliard de tonnes de pétrole, dont plus de 50% du total, rappelle-t-il, ont été consommées à ce jour. Pour augmenter ces quantités, se posent les nombreux problèmes de financement, Sonatrach, or, déclare-t-il, n’ayant ni les moyens financiers, ni les technologiques complexes pour y parvenir, «on a besoin de partenariats», mais pour cela, souligne-t-il, il y a urgence à finaliser totalement les textes d’application y afférant, ce qui, indique-t-il, pourrait se produire avant la fin de l’année en cours. Jugeant que comme des entreprises existant dans des pays à l’étranger, les sociétés algériennes devraient travailler sur la base de principes de rentabilité et de profit, le ministre de l’Énergie relève que «ce n’est pas le cas».
Si pour ce qui concerne le profit, «il n’y a pas de problème», il n’en est pas de même, déclare-t-il, pour ce qu’il en est de la rentabilité. Prenant à ce propos l’exemple de la compagnie Sonatrach, il signale que celle-ci a fait l’objet «d’énormément de pressions», depuis quelques dizaines d’années, «20 ans ou un peu plus». Faute, précise-t-il, pour l’Algérie de n’avoir pas développé de nouvelles richesses, et donc de nouveaux emplois, «on est restés agrippés à la rente. Pour lui, ce n’est donc pas au secteur des hydrocarbures, “ déjà producteur de richesses” et qui en raison de ses “ sureffectifs énormes, affiche complet ”, qu’il appartient de les créer. Pour lui, la possibilité de créer de l’emploi dans d’autres secteurs existe, mais en développant des richesses durables tirées, entre autres, de l’agriculture, des énergies renouvelables, des PME/PMI, mais aussi des services.

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