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Le Carrefour de Mostaganem

Sans domicile fixe. Les raisons de la déchéance

Par Charef Kassous

A l’instar des autres wilayas, Mostaganem vit aussi des cas sociaux, des accidentés de la vie que l’on aperçoit çà et là dans la ville connus pour être des sans domicile fixe (SDF). Des individus qui vivent l’enfer, qui flânent et qui traînent sans but précis. Ceux, généralement de sexe masculin, été comme hiver dans l’errance, survivant aux aléas des longues journées et des interminables nuits. Il convient alors de s’interroger sur les raisons de la situation que vivent ces gens qui ont perdu leurs repères sociaux. Le chef-lieu de la wilaya attire un grand nombre de ces cas que les maux de la vie n’ont pas épargné et pour cause. C’est ainsi que selon une enquête sociale menée par un groupe de bénévoles du croissant rouge algérien, le nombre de sans-abris dans la ville avoisine les 20 sujets dont 03 femmes mais en extra muros ils sont moins nombreux. De temps en temps il y a ceux qui apparaissent plus nombreux à chaque fois où des opérations d’assistance alimentaire se mettent en place. Cependant, il faut le souligner, les services de l’action sociale semblent être invisibles devant un tel état de fait. Pour ce qui est des causes de la déchéance, elles sont multiples mais ne se ressemblent pas. Des cas peuvent être victimes d’un malencontreux tournant de la vie qui peut être un divorce amèrement inexorable, une faillite en affaire, une perte d’emploi, des conséquences de l’alcoolisme, des abus du vice des jeux, des endettements, des conséquences de la prostitution, des conflit familiaux, des héritages confisqués, de la polygamie, des cas de psychiatrie, des retours de l’émigration ratés etc… enfin il y a de tout. Selon le rapport d’enquête, c’est la perte conjuguée du logement et du travail qui place le sujet en situation d’exclusion sociale. D’un autre côté, l’absence de repères stables en est la caractéristique centrale de la situation des sans-abris. Ces accidentés de la vie sont, majoritairement, des individus venus sur Mostaganem en provenance d’autres territoires et souvent ils sont volontairement déplacés pour ne pas avoir à s’en occuper. Parmi les SDF traditionnellement connus sur la place, d’autres visages viennent errer dans la ville mais ceux qui s’accommodent à la ville restent mais beaucoup marquent un bref passage et disparaissent. A Mostaganem les femmes sont généralement récupérées par les instances sociales leur évitant ainsi des vicissitudes aventureuses. La particularité des SDF dans l’occupation du territoire est quand même ingénieuse puisque l’espace investi devient un territoire privé reconstruit selon certaines conditions telles celles du confort, de la proximité de la foule, de la sécurité et la tranquillité. Certains témoignages de personnes sans abri montrent d’ailleurs combien le réflexe de survie peut les épuiser psychiquement et les priver fatalement d’aspirations.

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Traditions de Tigditt. Le Jujubier s’est établi comme mode de vie

Par Lotfi Abdelmadjid

Tigditt la médina, l’ancienne ville de Mostaganem s’est construite vers la fin du 19ème siècle, sur critères architecturaux très particuliers. Le faubourg est organisé en rues et ruelles avec des maisons en rez-de-chaussée, dans leur ensemble imprimant leur cachet proprement distinctif. Ces demeures étaient édifiées avec un ‘’patio’’ et des alcôves tout autour pour répondre aux occupants de familles nombreuses. Le patio de la majorité des demeures étaient dotées d’un arbre au centre de la courette et le plus commun à Tigditt était le jujubier.
A en croire les dires des anciens, le jujubier était la symbolique de l’Islam pour ces habitants de la ville musulmane. On nous apprend que le jujubier était là pour accompagnement distinctif par rapport aux occupants de confession chrétienne qui vivaient sur les hauteurs des quartiers européens. Cette légende du jujubier est mentionnée dans le coran et la tradition prophétique car il y a deux ‘’hadyths’’ qui cite ce fruit dans l’Islam. Dans le premier ‘’ Dans un hadith tiré du livre d’Ibn Qayyim Abû Naym, a rapporté que le prophète a dit : ‘’Lorsqu’on fit descendre Adam sur terre, le premier dont il mangea fut le jujube’’. Dans le second unanimement reconnu, il a rapporté avoir vu lors de son voyage nocturne, le jujubier céleste dont les fruits sont pareils à une cruche de la ville de Hajar. Pour remonter le temps, dans les courettes des demeures de ce vieux faubourg, le jujubier, par sa centralité, se proclamait comme un arbre dont les servitudes étaient avérées. D’abord c’est un fruit délicieux et un remède médicinal. Il favorise la prise de poids, accroît la force musculaire et l’énergie vitale pour ces gens dont l’alimentation était limitée pour cause de précarité. D’un autre côté, l’autre vertu nutritionnelle c’est qu’il est riche en fibres, qui favorisent le transit intestinal et contribuent au bien-être digestif. Une fois le fruit mûri, il fait le bonheur des enfants du quartier surtout quand certaines ménagères s’adonnaient à concocter des compotes et de la confiture de jujube. Les fibres permettent également de réguler la glycémie et le cholestérol. Sur le plan commodité, cet arbre procurait aux habitants un bien être par sa présence et ses feuilles verdoyantes à longueur d’année. L’utilité principale de cet arbre, c’est son ombrage duquel on se servait, en saison estivale, pour des fêtes à la maison car à cette époque, les salles de fête étaient inexistantes. Le vieux quartier de Tigditt imprime un cachet qui se retrouve chez chacune des demeures par la présence de cet arbre mythique que l’on retrouve figé au centre de la courette comme témoin d’un mode de vie d’une époque archivée dans l’imaginaire et la mémoire collective.

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Théâtre régional. «Mimi et l’instituteur» un succès marquant

Par Y.Zahachi

Hier, Mardi 14 mai 2024, dans la pièce «Mimi et l’instituteur», Mansour Mekhatria et Fethi Meddahi, alias «Fethi Clown», ont connu un immense succès lors de leurs quatre spectacles consécutifs, démontrant ainsi leur dévouement envers leur public et leur amour pour les enfants. Face à l’engouement massif, la billetterie a été débordée, témoignant de la popularité des deux artistes et de leur capacité à captiver les cœurs des jeunes spectateurs. Jouer quatre spectacles en une seule journée représente un exploit physique et mental remarquable, soulignant l’engagement sans faille de Mansour et Fethi pour divertir et émerveiller leur public. Leur passion pour leur métier est contagieuse, et leur joie de vivre se transmet naturellement aux enfants, leur offrant un moment de pur bonheur et d’évasion. Leurs efforts exceptionnels et leur contribution inestimable au bien-être des enfants ont démontré leur implication exemplaire et leur engagement concret pour la cause des enfants et ils méritent d’être salués et célébrés par les autorités locales, à la prochaine occasion. Cette représentation théâtrale met en lumière, non seulement le talent et la générosité de Mansour et Fethi, mais également le travail acharné de tous ceux et celles qui œuvrent quotidiennement dans l’ombre pour le bonheur des enfants. Leur dévouement et leur implication font la différence dans la vie des plus jeunes, leur offrant un monde rempli de joie, d’imagination et d’espoir. Il est essentiel de reconnaître et d’applaudir les efforts de ces héros anonymes qui contribuent à façonner un avenir meilleur pour nos enfants. Leur engagement inspire et motive, nous rappelant que chaque geste, si petit soit-il, peut avoir un impact positif considérable sur la vie d’un enfant. Encore une fois, un grand bravo à Mansour Mekhatria, Fethi Meddahi et à tous ceux et celles qui, par leurs actions concrètes, font du monde un endroit meilleur pour les enfants!

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Histoire. La plage du Moulin Bigorre

Par Y.Benguettat

Voici un historique de ce site balnéaire que beaucoup de Mostaganémois ne connaissent pas. Les questions qui ont été posées : Est-ce qu’il y avait un moulin à cet endroit ? Qui est Bigorre ? Sa situation géographique exacte ? Pourquoi avoir choisi cet endroit parmi tout le littoral que comptent les plages de Mostaganem ? À toutes ces questions, nous avons retrouvé les traces de son historique. À l’emplacement de cette petite plage, il n’y avait pas de moulin dans le sens propre du mot c’est-à-dire de moulin à grains. Ce nom a été donné par un certain Monsieur Bigorre. Sa situation géographique exacte ? Elle se situe entre la plage la Sirène mitoyenne au port de Mostaganem et la plage de Meterba.  Le lieu n’a pas été choisi au hasard, bien au contraire. Avant que Monsieur Bigorre ne s’installe et développe ce site balnéaire, il faut remonter le temps. C’est dans le livre ‘’ Lettres du Maréchal Bosquet (Tome3)1842 que nous avons appris l’historique de ce site. Tout a commencé avec Le Maréchal Bosquet qui a jeté son dévolu sur cet endroit et pour honorer sa piété il a fait construire à Kharouba près de Mostaganem, une chapelle dédiée à Notre-Dame de Bon Secours (IV) en mémoire à sa mère. Elle a été inaugurée officiellement par l’Évêque d’Alger le 12 mai 1850. C’est à partir de cette période que ce site tant visité a donné l’occasion à monsieur Bigorre de créer une station balnéaire, d’où le nom devenu célèbre par la suite et a été baptisé ‘’Le moulin Bigorre’’ jusqu’à aujourd’hui. Monsieur Bigorre Joseph Eugène est né à Mostaganem le 20 avril 1866, fils de Bigorre Joseph Louis décédé le 12 septembre 1882 à Mostaganem. Il était à cette époque en 1875 meunier minotier à Mostaganem. Il a été le second à s’installer à cet endroit. Donc nous pouvons dire que le site de Moulin Bigorre s’est développé au fil du temps jusqu’à devenir un site balnéaire très prisé. Selon le bulletin de liaison N° : 9 de mai 1999 page 15,16, monsieur Claude Rodriguez nous a donné une description de la vie au Moulin Bigorre agrémenté de photos où l’on voit une chapelle. Voici ce qu’il dit « Certes ce n’était pas une plage de sable comme les Sablettes mais c’était un petit paradis pour les pêcheurs et surtout pour ceux qui chassaient les mérous au harpon ».

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