Ce que l'on sait des principaux changements de Révision de la Constitution : c’est la nécessité de fluidifier l’Etat afin de sécuriser l’avenir. Fluidifier un État laisse entendre qu’il y aurait quelque part des blocages empêchant la bonne circulation d’une thériaque vitale absolument indispensable pour le corps étatique. Nous sommes très conscients que la Constitution algérienne est loin d’être parfaite ou exemplaire. C’est le fruit d’une élaboration et un effort humain. Toutefois, la Constitution est loin d’être un texte sacré révélé. Depuis la première Constitution du jeune Etat algérien, fraîchement indépendant promulguée en 1963, l’Algérie a connu une multitude de Constitutions exposées, depuis, à divers amendements qui s’imposent selon les conséquences et les situations politiques du pays. Ainsi, la nature d’une entité politique devrait changer de lois et de règlements chaque fois que les temps changent en apportant de nouvelles données sur le tas. Quand on refuse le changement, c’est donc le blocage qui va s’installer de facto… C’est justement ce changement, apporté par la révision grâce aux amendements ratifiés par les députés et les sénateurs-élus de la nation, qui saura assurer la fluidification de l’Etat. Seulement, en ce qui nous concerne, une Constitution est faite pour être soigneusement respectée. C’est le texte officiel suprême auquel tout le monde devrait être soumis. La Constitution prime sur tout et tous. C’est la référence officielle et conventionnelle qui veille sur le bon déroulement de l’action politique du pays (Droit constitutionnel, Cour ou Conseil constitutionnel). C’est la somme d’un débat conventionnel, voire d’une sorte de contrat politique et social passé entre toutes les forces vives constituant la nation. Toute nation qui ne respecte pas ses engagements constitutionnels est une nation qui n’a pas de respect pour elle-même. C’est généralement dans les pays fantoches et les républiques bananières que la Constitution et les lois sont des «trucs» pour garnir l’image truquée de l’Etat. Le degré du respect et de la soumission aux lois et à la Constitution est le baromètre mesurant la force de l’Etat et non des groupuscules de politicards -dite classe politique- boostés plus par les intérêts personnels que par les intérêts de l’Etat. Seul un Etat de droit pourrait garantir le respect de la Constitution et mettre hors d'État de nuire ces génies d'Aladin qui laissent des vides dans les textes pour qu’ils puissent interpréter les textes et les lois à leur façon , c'est-à-dire, dictés et inspirés par leurs intérêts.



