La guerre contre l’Iran n’a pas seulement ravivé les tensions géopolitiques : elle a déclenché un véritable choc énergétique mondial. En quelques semaines, les marchés du gaz et du pétrole se sont emballés. Le prix du gaz européen, référence TTF, a frôlé les 70 euros le mégawattheure après un bond de près de 35 %, tandis que le baril de Brent dépassait les 110 dollars. Une flambée brutale qui rappelle à quel point l’équilibre énergétique mondial reste fragile. La cause est connue : les attaques visant des infrastructures au Qatar, en Arabie saoudite ou aux Émirats ont perturbé des zones clés de production. Or, le Qatar est l’un des principaux exportateurs mondiaux de GNL. Dès lors, la peur d’une rupture d’approvisionnement s’est installée, alimentant une volatilité inédite. Face à ce choc, l’Europe n’a pas beaucoup d’options. Elle doit sécuriser ses approvisionnements rapidement. Et, presque mécaniquement, les regards se tournent vers le sud de la Méditerranée, vers un partenaire déjà bien connu : l’Algérie. Dans l’immédiat, ce choix s’impose comme une évidence. Proximité géographique, gazoducs existants, capacité à livrer rapidement : l’Algérie coche toutes les cases d’un fournisseur fiable. Plusieurs capitales européennes, dont Madrid, envisagent d’augmenter leurs importations pour compenser les tensions sur le marché international. Car si l’Algérie apparaît comme une solution, elle ne peut pas être la solution unique. Sa capacité de production et d’exportation reste limitée face à une demande européenne en forte hausse. Le marché du gaz est aujourd’hui globalisé et concurrentiel. L’Algérie elle-même doit répartir ses flux entre l’Europe, ses partenaires traditionnels et d’autres marchés potentiels. Dans le même temps, la crise révèle les fragilités structurelles du marché gazier mondial. Aux États-Unis, malgré une production élevée, les contraintes logistiques et climatiques continuent de perturber les flux, rapporte Reuters. Ailleurs, les tensions géopolitiques redessinent en permanence les routes énergétiques. Résultat: l’Europe se retrouve face à une équation délicate. Diversifier ses sources, sécuriser ses approvisionnements, tout en gérant des prix en hausse qui alimentent l’inflation — déjà revue à 2,6 % pour 2026 par la BCE en raison de l’énergie, indique «Valeurs Actuelles».



