Le géant minier de Tala Hamza entre en phase d’exploitation. La promesse tenue du président

En visite à Béjaïa avant-hier, le Premier ministre Sifi Ghrieb a procédé au lancement officiel des travaux du projet d’exploitation et de valorisation de la mine de zinc et de plomb d’Amizour–Tala Hamza, concrétisant ainsi un engagement du président de la République, Abdelmadjid Tebboune. En effet, cette visite s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale visant à faire du secteur minier un levier essentiel de diversification économique et de réduction de la dépendance aux hydrocarbures. Elle traduit, sur le terrain, la volonté des pouvoirs publics de valoriser les ressources naturelles du pays et de renforcer sa souveraineté industrielle. Accompagné d’une importante délégation comprenant notamment Mohamed Arkab, Saïd Sayoud, Mourad Adjal, Yahia Bachir, Abdelkader Djellaoui et Karima Bakir, le Premier ministre, à son arrivée, s’est rendu au village d’Aït Bouzid, dans la commune de Tala Hamza, où il a donné le coup d’envoi des travaux d’aménagement de l’accès à la mine. Sur place, les autorités ont assisté à plusieurs exposés techniques détaillant les différentes composantes du projet, notamment les infrastructures routières, énergétiques et hydrauliques. Le projet prévoit la réalisation d’une route reliant directement la mine à l’autoroute, ainsi que son raccordement aux réseaux électrique et gazier, afin de garantir une exploitation optimale. Supervisé par une joint-venture algéro-australienne, le projet ambitionne d’extraire annuellement 170.000 tonnes de zinc et 30.000 tonnes de plomb. Il permettra de couvrir les besoins de l’industrie nationale tout en générant un excédent destiné à l’exportation, contribuant ainsi à l’amélioration de la balance commerciale. La mine d’Oued Amizour, considérée comme l’un des plus importants gisements au monde, sera exploitée par voie souterraine. Le minerai extrait sera traité sur place pour atteindre un taux de concentration avoisinant les 60 %, contre des teneurs initiales beaucoup plus faibles. Des mesures environnementales ont été intégrées au projet, notamment à travers la gestion contrôlée des eaux de drainage, la réalisation d’une station de traitement des eaux et la réutilisation des résidus miniers pour le remblayage des cavités, afin de limiter tout impact sur l’écosystème local. S’exprimant à la presse, le Premier ministre Sifi Ghrieb a qualifié le lancement de ce projet d’"événement historique", affirmant qu’il s’agit d’un "signal fort" et d’une "nouvelle pierre" dans la construction d’une économie diversifiée. Ce projet "apportera une valeur ajoutée aux ressources que l’Algérie propose sur le marché international et permettra à l’économie nationale de se positionner dans le domaine des matières premières minières, devenues le socle d’une économie forte", a-t-il aussi indiqué. Évoquant l’engagement du chef de l’État, il a rappelé que celui-ci avait "promis que le démarrage de ce projet interviendrait vers la fin du mois de mars", ajoutant que cette promesse est aujourd’hui tenue. Dans cette dynamique, il a souligné que "l’Algérie avance à pas sûrs pour sortir de la rente pétrolière, un objectif suprême tracé par le président de la République", précisant que "nous œuvrons aujourd’hui à bâtir son économie grâce à la force des bras de ses enfants". De son côté, le directeur général du groupe Sonarem, Reda Belhadj, a indiqué que cette mine figure parmi "les plus importantes au monde", avec des ressources géologiques estimées à 54 millions de tonnes et des réserves exploitables de 34 millions de tonnes. Il a précisé que le projet contribuera à réduire significativement les importations de zinc et de plomb, tout en permettant à l’Algérie de générer des recettes en devises grâce à l’exportation. Il devrait également renforcer l’attractivité du secteur minier et positionner le pays parmi les producteurs mondiaux de référence. Au-delà de ses retombées économiques, le projet devrait générer près de 780 emplois directs et des milliers d’emplois indirects, participant ainsi à la dynamisation de l’économie locale dans la région de Béjaïa. Lancé à la fin de l’année 2023, ce projet structurant incarne ainsi une nouvelle étape dans la politique nationale de valorisation des ressources naturelles, confirmant la volonté des autorités de construire une économie plus résiliente et diversifiée.


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