Guerre en Iran

L’Iran est certes une dictature idéologique et politique. Le régime issu de la révolution de 1979 concentre le pouvoir entre les mains d’une autorité religieuse et limite sévèrement les libertés publiques. Pourtant, derrière cette réalité institutionnelle, une autre dynamique traverse périodiquement la société iranienne: celle d’une contestation populaire, diffuse ou ouverte, portée par une partie de la population qui aspire à davantage de liberté politique et sociale. À plusieurs reprises, ces dernières années, cette contestation a semblé prendre de l’ampleur, laissant entrevoir la possibilité d’une évolution interne du pays. C’est dans ce contexte fragile que surgissent régulièrement les interventions ou les pressions des grandes puissances, au premier rang desquelles les États-Unis. La question de la légitimité de ces interventions reste centrale. En principe, depuis la création de l’Organisation des Nations unies, à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, le recours à la force dans les relations internationales est strictement encadré. Le Conseil de sécurité de l’ONU est censé être l’instance habilitée à autoriser une intervention militaire afin de préserver la paix et la sécurité internationales. D’où le président US tire-t-il donc la légitimité d’intervenir dans d’autres Etats et s’ériger de son propre chef en gendarme du monde ? Dans plusieurs crises majeures du début du XXI? siècle, le cadre onusien a été contourné ou interprété de manière très contestée. L’exemple le plus emblématique demeure l’invasion de l’Irak en 2003 par une coalition menée par les États-Unis, sans mandat explicite du Conseil de sécurité. Cette intervention, justifiée à l’époque par l’existence supposée d’armes de destruction massive, a profondément déstabilisé la région et ouvert une longue période de chaos politique et sécuritaire. D’autres épisodes, comme l’intervention en Libye en 2011 qui, bien que fondée sur une résolution de l’ONU, a largement dépassé son mandat initial où les ingérences multiples dans la guerre syrienne ont renforcé chez beaucoup l’idée d’un système international marqué par des rapports de force plus que par un véritable respect du droit. Dans ce contexte, la question revient sans cesse: à quoi sert réellement l’ONU si les puissances les plus influentes peuvent, lorsque leurs intérêts l’exigent, agir en dehors de son cadre? Pour de nombreux observateurs critiques, ces interventions illustrent une forme contemporaine de «loi du plus fort», où la capacité militaire et l’influence géopolitique prennent le pas sur la légitimité internationale. Israël l’autre va-t’en guerre et agresseur, car c’est lui qui a donné le premier coup dans ce conflit comme souvent par ailleurs, a une peur existentielle dit-il, mais qui détient l’arme nucléaire destructrice de toute existence humaine et de tout être vivant, faune et flore et humanité? Et puis reconnaît-il lui l’existence d’un état palestinien? Que fait-il à Gaza sinon s’employer à supprimer avec son armada l’existence du peuple gazaoui sans défense? On aura tout vu. Le bourreau qui accuse la victime. Cette réalité s’inscrit elle-même dans un contexte où la question de l’armement et de la dissuasion nucléaire demeure profondément asymétrique. Israël est largement considéré par les experts comme la seule puissance nucléaire de la région, bien que l’État hébreu n’ait jamais officiellement confirmé ni infirmé cette possession car ne voulant pas dévoiler ses cartes. Sur le terrain, la situation dans la bande de Gaza est devenue, au fil des années et des conflits successifs, un symbole tragique. Les opérations militaires israéliennes, provoquent régulièrement des destructions massives et un lourd bilan humain parmi les civils. Ces actions traduisent un déséquilibre écrasant entre une puissance militaire considérable et une population civile largement dépourvue de moyens de défense. Entre aspirations populaires à la liberté, rivalités géopolitiques, interventions étrangères et conflits enracinés, le Moyen-Orient apparaît ainsi comme l’un des théâtres les plus complexes de la politique mondiale contemporaine. Et derrière chaque crise se pose la même question fondamentale : le droit international peut-il encore prévaloir sur la puissance?


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