Le lancement, en ce mois de mars, de l'exploitation de la mine de zinc et de plomb d'Oued Amizour dans la wilaya de Béjaïa marque un tournant stratégique pour l'industrie minière algérienne. Invité sur les ondes de la Chaîne 3, le professeur Malek Ould Hamou a détaillé le potentiel exceptionnel de ce gisement polymétallique, dont les réserves exploitables sont estimées à 34 millions de tonnes. Bien que la teneur brute du minerai soit relativement modeste — environ 4 % pour le zinc et moins de 1,5 % pour le plomb —, la valeur marchande élevée de ces métaux sur les marchés mondiaux confère au site une importance capitale, le hissant au douzième rang mondial de sa catégorie. L'exploitation, qui se fera exclusivement en mode souterrain, repose sur un défi technique de taille : la valorisation sur place. Le professeur a insisté sur le fait que la vente du minerai brut n'est pas viable économiquement. Pour transformer cette ressource, le projet intègre une usine de traitement utilisant le procédé de flottation. Cette méthode physico-chimique complexe, précédée d'une fragmentation mécanique du minerai à une taille inférieure à 100 microns, permet d'isoler les métaux utiles grâce à des réactifs spécifiques. Ce processus de concentration est spectaculaire : il permet de faire grimper le taux de pureté du plomb et du zinc jusqu'à environ 60 % avant leur commercialisation. Au-delà de l'aspect technique, les retombées socio-économiques s'annoncent massives pour la région. Le projet, porté par un partenariat entre l'Algérie (51 %) et la société australienne Terramin (49 %), devrait générer des milliers d'emplois directs et indirects sur une période d'exploitation prévue de vingt ans. L'aspect environnemental n'est pas en reste, puisque les résidus miniers seront mélangés à du ciment pour combler les cavités souterraines, évitant ainsi les affaissements de terrain et limitant les risques de pollution acide des eaux. À terme, cette production servira prioritairement à l'industrie métallurgique nationale, l'excédent étant destiné à l'exportation pour renforcer les réserves de change du pays.
Mine de zinc et de plomb d’Oued Amizour. Un gisement classé parmi les plus importants au monde
- par R.L
- Le 10 Mars 2026
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