À Gaza, la pénurie de médicaments s’aggrave

La crise humanitaire à Gaza prend une nouvelle dimension avec la raréfaction des médicaments et des fournitures médicales, dans un contexte de tensions régionales et de blocage persistant des passages frontaliers. Alors même qu’un accord de cessez-le-feu est entré en vigueur en octobre 2025, la situation sur le terrain reste extrêmement fragile, marquée par des restrictions sévères et des violations qui aggravent la crise sanitaire et humanitaire dans l’enclave palestinienne. Le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a tiré la sonnette d’alarme le 8 mars 2026, soulignant que le conflit au Moyen-Orient affecte directement les systèmes de santé dans les territoires palestiniens occupés, en particulier dans la bande de Gaza. Dans un message publié sur la plateforme X, il a indiqué que « les évacuations sanitaires sont suspendues depuis le 28 février et que la rotation des équipes médicales d’urgence est également interrompue », tandis que la plupart des points de passage vers Gaza restent fermés. Cette situation a des conséquences immédiates sur la disponibilité des médicaments. L’OMS avertit que les stocks d’antibiotiques et de traitements destinés aux maladies chroniques commencent à s’épuiser, alors que les établissements de santé tentent de maintenir leurs services avec des moyens limités.
Le manque de carburant constitue également une menace directe pour le fonctionnement des hôpitaux, déjà fragilisés par deux années de guerre et de destructions. La fermeture des passages frontaliers, notamment celui de Rafah, complique encore davantage l’acheminement de l’aide humanitaire et l’évacuation des blessés vers l’étranger pour recevoir des soins. Selon les Nations unies, l’entrée de carburant et de fournitures médicales reste très en dessous des besoins réels de la population, alors que plus de deux millions de Palestiniens dépendent presque entièrement de ces approvisionnements pour leur survie. Dans le même temps, la situation sécuritaire continue de se dégrader. Malgré l’accord de cessez-le-feu, les frappes et les tirs se poursuivent dans différentes zones de Gaza, tandis que les opérations militaires et les attaques de colons se multiplient en Cisjordanie. Selon l’agence palestinienne WAFA, ces violences ont augmenté depuis la fin février, avec des restrictions de circulation, des arrestations et des attaques qui accentuent les tensions dans les territoires occupés. Pour les organisations internationales, l’urgence est désormais d’assurer un accès humanitaire continu et sécurisé. L’OMS appelle à l’ouverture de tous les points de passage afin de permettre l’entrée de médicaments, de carburant et d’équipements médicaux, tout en plaidant pour une désescalade immédiate.


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