La question du prix du poisson reste au cœur des préoccupations des ménages algériens. Longtemps considéré comme une source de protéines accessible, il est devenu ces dernières années un produit parfois rare et souvent cher sur les étals. La sardine, poisson le plus consommé en Algérie, dépasse régulièrement les seuils jugés abordables, révélant les difficultés structurelles d’un secteur confronté à une offre insuffisante et à une flotte vieillissante. Face à cette situation, les pouvoirs publics multiplient les initiatives pour relancer la production halieutique. La dernière mesure en date vise directement les moyens de production. Le Directeur général de la pêche et de l’aquaculture au ministère de l’Agriculture, Miloud Triaa, a annoncé vendredi à l’APS qu’une nouvelle disposition permettra bientôt aux professionnels d’importer des moteurs d’occasion de moins de cinq ans destinés aux navires de pêche côtière. Selon lui, cette décision qui sera publiée prochainement au Journal officiel, devrait «renforcer la flotte marine et remettre en service les navires à l’arrêt». Cette mesure répond à une réalité du terrain: de nombreux bateaux restent immobilisés faute d’équipements ou de moyens pour renouveler leurs moteurs. Leur remise en activité pourrait contribuer à augmenter les sorties en mer et, par conséquent, les volumes de pêche destinés au marché national. L’initiative s’inscrit dans un dispositif plus large introduit par la loi de finances 2026. Celle-ci autorise notamment l’importation de navires de pêche de moins de 15 ans afin de dynamiser l’investissement dans la pêche hauturière. Elle prévoit également l’exemption des droits de douane et l’application d’un taux réduit de TVA pour l’importation de matières premières utilisées dans la fabrication d’aliments destinés à l’aquaculture, un segment appelé à jouer un rôle croissant dans l’offre nationale. La stratégie des autorités ne se limite pas aux eaux nationales. Plusieurs opérateurs envisagent déjà l’acquisition de navires spécialisés capables d’opérer dans les eaux de pays partenaires, notamment la Mauritanie. Selon Miloud Triaa, un protocole d’accord de pêche entre les deux pays devrait être finalisé prochainement. Les cycles de concertation ont permis de réduire les droits d’accès aux zones de pêche mauritaniennes de 30 %, puis d’obtenir une baisse supplémentaire de 50 % dans un accord conclu en septembre dernier. À travers ces mesures, l’objectif est de relancer la production, développer la pêche en haute mer et soutenir l’aquaculture afin d’augmenter l’offre.



