La guerre opposant l’Iran aux États-Unis provoque une nouvelle onde de choc sur les marchés énergétiques mondiaux. Six jours après le début du conflit, les prix du pétrole et du gaz enregistrent déjà une forte volatilité, alimentée par les tensions géopolitiques et les perturbations des routes d’approvisionnement stratégiques du Moyen-Orient. Les marchés pétroliers ont réagi rapidement à l’escalade militaire. Le baril de Brent, référence internationale pour le pétrole en Europe, dépasse désormais les 82 dollars, tandis que le brut américain WTI s’échange autour de 76 dollars. Cette hausse s’explique principalement par les inquiétudes liées à la paralysie du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial et une part importante du gaz naturel liquéfié. Les incidents maritimes signalés dans le Golfe dont l’attaque d’un pétrolier et une explosion sur un navire ancré au large du Koweït, renforcent les craintes d’une perturbation durable de l’approvisionnement mondial. Face à ces risques, plusieurs pays cherchent à sécuriser leurs marchés intérieurs. La Chine, par exemple, aurait demandé à ses principales raffineries de suspendre temporairement les exportations d’essence et de gazole afin de préserver ses stocks nationaux. Cette décision pourrait accentuer les tensions sur les marchés des produits raffinés notamment le diesel et le kérosène, déjà plus touchés que le brut lui-même. L’Europe apparaît particulièrement vulnérable dans ce contexte puisqu’une part importante de ses importations de diesel provient du Moyen-Orient, une dépendance renforcée depuis la réduction des importations de produits pétroliers russes. Le marché du gaz naturel subit également des turbulences. En Europe, le prix de référence du gaz, le TTF néerlandais, a fortement progressé en quelques jours, passant d’environ 32 euros à plus de 50 euros par mégawattheure. Cette hausse reflète la nervosité des marchés face aux risques d’approvisionnement mais aussi les facteurs saisonniers comme les prévisions de températures plus froides qui soutiennent la demande de chauffage en Europe. Pour les économistes, l’évolution du marché énergétique dépendra largement de la durée et de l’intensité du conflit. Si les perturbations dans le Golfe persique se prolongent, les prix du pétrole pourraient dépasser la barre symbolique des 100 dollars le baril, ce qui raviverait les pressions inflationnistes à l’échelle mondiale. À l’inverse, une désescalade rapide pourrait limiter l’impact sur l’économie mondiale. Dans tous les cas, cette crise rappelle la forte sensibilité des marchés de l’énergie aux tensions géopolitiques et souligne la nécessité pour de nombreux pays d’accélérer la diversification de leurs sources d’approvisionnement énergétique.



