Stains (France). Des armes de l’Émir Abdelkader exposées avant restitution en Algérie

Des armes ayant appartenu aux compagnons de l’Émir Abdelkader ont été exposées mercredi dernier à Stains, ville de la Seine-Saint-Denis en Île-de-France, lors d’une réception organisée à l’occasion de l’Iftar par la municipalité. Ces objets, achetés par Madame Kelthoum Derghal, citoyenne franco-algérienne, ont été remis à la Fédération franco-algérienne du renouveau (FFA) et seront prochainement restitués à l’Algérie, comme l’a indiqué cette association. En effet, la ville de Stains a ainsi accueilli un événement unique mêlant mémoire, patrimoine et dialogue interculturel, à l’occasion de cet Iftar, durant lequel des armes ayant appartenu aux compagnons de l’Émir Abdelkader, figure emblématique de l’histoire algérienne et fondateur de l’État contemporain, ont été exposées pour la première fois. «Ces biens, acquis lors de plusieurs ventes aux enchères en France par Madame Kelthoum Derghal, ont été restitués à l’association FFA avant leur transfert futur vers l’Algérie», a précisé la Fédération franco-algérienne du renouveau dont le montant de l’acquisition n’a pas été révélé pour l’occasion. L’événement a réuni élus franco-algériens et français, ambassadeurs, acteurs de la société civile, amis de l’Algérie, sympathisants et adhérents de l’association.
Parmi les invités figuraient l’historien Benjamin Stora, l’Ambassadeur des Seychelles Jacques Bele, le député Carlos Bilongo, tous deux amis de l’Algérie ainsi que des acteurs du monde associatif et artistique, à l’image de M’hamed Kaki, reconnu pour son travail autour de la mémoire du 17 octobre 1961 et des massacres du 8 mai 1945 à travers le théâtre. La présidente de la FFA, Karima Khatim, ainsi que les présidents et intervenants – Azzédine Taibi, Abdellah Benouaret, Olivier Sarrabeyrouse (maires) et Ahmed Laouedj (sénateur) – ont rappelé «l’importance de transformer l’héritage en responsabilité citoyenne pour bâtir une relation solide et stable entre la France et l’Algérie, deux pays liés par une histoire douloureuse mais indissociable».
«C’est sur ce socle que peut naître une relation nouvelle, apaisée, équilibrée et tournée vers l’avenir. C’est notre devoir moral, notre devoir générationnel : faire preuve de fidélité envers ceux qui ont souffert?», a souligné l’association dans sa déclaration. Il convient de rappeler que plusieurs objets ayant appartenu à l’Émir Abdelkader – dont son Coran personnel, son bâton de commandement, son épée et son burnous – sont toujours conservés en France, en attente de restitution tant attendue.


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