L’Algérie déploie une Stratégie pour contrer les cybermenaces. C’est un bouclier numérique dont l’objectif consiste à protéger et à verrouiller les systèmes d’information de l’Algérie. Quels sont les risques auxquels sont confrontés les systèmes d’information ? Dans un monde numérisé confronté à toute sortes de menaces dont les piratages d’information, les brouillages, les captages illicites ou carrément, les fraudes, les interruptions suite à des pannes ou les émissions et diffusions non autorisées d’information. Si numériser est bien, il n’en cache pas moins que protéger ses données revêt un caractère capital voire stratégique. Un exemple concret : en 2024 l’Algérie aura enregistré plus de 2700 affaires de cybercriminalité (source gendarmerie nationale 2024). Certaines de ces affaires, bien qu’elles aient révélé au grand jour la gravité des faits liés aux crimes numériques, elles ont en plus dévoilé la sophistication des moyens de confiscation des données confidentielles des entreprises ou de petites structures. Ce phénomène n’est pas près de cesser et l’Etat et le ministère de la Défense nationale jurent aujourd’hui de la nécessité absolue de l’éradiquer. Il est évident que l’Algérie veut se prémunir contre les Risques des systèmes d’information. Pour atteindre cet objectif, elle a mis au point sa stratégie 2025 -2029 après des années de numérisation accélérée des services publics. L’Algérie passe au verrouillage numérique pour sécuriser son espace numérique. Pour ce faire, elle vient de se doter d’une Stratégie nationale de sécurité des systèmes d’information pour la période 2025-2029. Dans la préface de cette stratégie nationale, préparée et rendue publique hier par l’Agence de sécurité des systèmes d'information (ASSI) rattachée au ministère de la Défense nationale, le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a rappelé que la généralisation de la numérisation de l’administration constitue un levier essentiel pour simplifier le quotidien des citoyens et soutenir la relance économique sur des bases solides et durables. Toutefois cette modernisation n’est pas exempte de menaces d’aléas qu’il va falloir éviter coûte que coûte par tous les moyens notamment légaux législatifs ou numérisés Cela n’est pas en effet sans exposer le pays à de nouvelles vulnérabilités d’un autre monde, d’autres espèces ou natures… faisant des infrastructures numériques une cible de choix d’attaques malveillantes. Pour y faire face, l’État s’est donc doté dès 2020, par décret présidentiel, d’un Dispositif national de sécurité des systèmes d’information, avec la création de l’Agence de la sécurité des systèmes d’information (ASSI). Cette architecture repose sur une coopération intersectorielle renforcée et sur une exploitation opérationnelle rapide des informations liées aux menaces cybernétiques. La stratégie nationale de cybersécurité vise justement à faire face à un paysage numérique hostile et aux menaces cybernétiques croissantes qui peuvent affecter le fonctionnement des administrations et des services en ligne destinés aux citoyens mais aussi compromettre des données sensibles. Parmi les menaces les plus persistantes, l’on peut citer le Phishing et le Spear-phishing utilisés pour voler des identifiants ou infiltrer des réseaux, le Ransomware qui sert à mettre hors service des systèmes entiers et exiger ensuite une rançon pour la restitution des données déjà observés dans plusieurs secteurs critiques, ou encore des attaques par déni de service (DDoS) et des campagnes coordonnées, parfois en lien avec des tensions géopolitiques régionales. Ces menaces et tant d’autres, qui sont bien réelles, soulignent la nécessité de renforcer les compétences internes face à des attaques de plus en plus sophistiquées. Conscient des enjeux, les hautes autorités du pays ont conçu cette stratégie qui constitue le cadre référentiel du travail des institutions de l’État et de toutes les parties prenantes. Elle s’appuie sur plusieurs axes dont les capacités technico-opérationnelles, le cadre juridique, organisationnel et normatif, la formation, recherche-développement et sensibilisation ainsi que la coopération nationale et internationale. Elle vise à doter le pays, en plus des ressources humaines qualifiées, organisationnelles, réglementaires et fonctionnelles en la matière, de capacités de prévention, de détection et de réponse aux incidents cybernétiques, qu’ils soient d’origine accidentelle ou malveillante, à travers la mise en place de moyens performants. Il s’agit de garantir la cyber-résilience nationale pour soutenir la transformation numérique de l’Algérie et préserver la souveraineté numérique nationale. L’ambition affichée est de hisser l’Algérie à un niveau d’excellence en matière de protection de ses systèmes d’information. À travers cette stratégie nationale, l’État entend accompagner l’ensemble des institutions publiques, mais aussi les organismes privés, dans une démarche progressive, inclusive et rigoureusement maîtrisée de sécurisation et de résilience numérique. Le cap est fixé pour les quatre prochaines années. Au cœur de cette feuille de route, il y a un objectif central qui est d’atteindre un niveau maximal de performance en matière de sécurisation et de cyber-résilience des systèmes d’information nationaux et des infrastructures critiques, tous secteurs confondus. Il ne s’agit plus seulement de prévenir les incidents, mais d’anticiper les menaces, de contenir les risques et de garantir la continuité des services essentiels en toutes circonstances. La stratégie repose sur une cartographie précise des vulnérabilités. Chaque secteur sera évalué selon son degré de sensibilité, avec une attention particulière portée à ceux dont une éventuelle compromission pourrait entraîner des conséquences majeures. Sont particulièrement concernés les institutions gouvernementales, les administrations publiques, les organismes financiers, les services de sécurité, mais aussi des secteurs vitaux tels que l’énergie, la santé, les ressources hydriques, les télécommunications, les transports ou encore les chaînes de production et de distribution des produits alimentaires de première nécessité. Car derrière l’enjeu technique se trouve une réalité selon laquelle une attaque réussie contre ces systèmes pourrait non seulement perturber le fonctionnement des institutions, mais aussi affecter leur crédibilité et, surtout, le bien-être et la sécurité de la population.
Sécurité des systèmes d’information. L’Algérie verrouille ses accès
- par B. Habib
- Le 04 Mars 2026
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