Le retrait des États-Unis de l’Organisation mondiale de la santé est devenu effectif en janvier 2026, marquant une rupture historique après près de huit décennies de coopération. Mais à Washington, l’après-OMS prend déjà forme et il pourrait coûter beaucoup plus cher que l’institution qu’il remplace. Selon le Washington Post, l’administration de Donald Trump étudie la création de réseaux mondiaux de surveillance sanitaire, de laboratoires et de systèmes d’alerte rapide auxquels les États-Unis accédaient jusque-là via l’OMS. Coût estimé : environ 02 milliards de dollars par an, soit près de trois fois les contributions américaines précédentes, évaluées autour de 680 millions de dollars annuels. Une ironie relevée par de nombreux experts, alors que la Maison-Blanche justifiait son retrait par des «paiements injustes et trop coûteux». Pour ses partisans, cette stratégie vise à reprendre le contrôle de l’information sanitaire mondiale et à éviter toute dépendance vis-à-vis d’une organisation accusée d’avoir failli, durant la pandémie de Covid-19. Trump reproche notamment à l’OMS sa gestion initiale de la crise et ses relations avec Pékin, accusations que l’agence onusienne a toujours rejetées. « Dépenser trois fois plus pour recréer ce à quoi nous avions déjà accès, n’a aucun sens », a toutefois estimé Tom Inglesby, de l’Université Johns Hopkins, cité par le Washington Post, soulignant que Washington pourrait perdre influence et visibilité. En coulisses, la bataille se joue aussi sur le terrain politique. Selon Politico (22 janvier 2026), un éventuel retour américain pourrait dépendre du successeur du Directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus dont le mandat s’achève en 2027. Washington souhaiterait un dirigeant plus favorable à ses positions voire américain, une première pour l’Organisation. Les candidats potentiels seraient d’ailleurs encouragés à présenter un programme de réformes budgétaires et institutionnelles pour séduire la Maison-Blanche. Cette pression intervient alors même que l’OMS poursuit sa propre réforme notamment à travers l’accord international sur les pandémies et son système de partage des données biologiques, destiné à éviter les retards observés en 2020. Son Directeur général rappelle que «solidarité et coopération» restent essentielles face aux crises sanitaires mondiales. Au-delà de la santé publique, le débat révèle une vision américaine plus large: privilégier des structures parallèles, bilatérales ou sous influence directe, plutôt que le multilatéralisme classique. Reste à savoir si cette stratégie renforcera réellement la sécurité sanitaire mondiale ou si elle fragmentera davantage un système déjà fragile.



