Le prochain round de négociations entre l’Iran et les États-Unis, attendu à Genève, se déroule sous une pression rarement atteinte depuis la rupture de l’accord nucléaire de 2015. Deux cycles de discussions indirectes ont déjà mis en lumière un fossé profond, notamment sur la levée des sanctions et le droit iranien à enrichir l’uranium. Selon Reuters, Téhéran se dit prêt à des concessions inédites: exporter une partie de son uranium hautement enrichi, diluer le reste et accepter un consortium régional d’enrichissement, en échange de la reconnaissance d’un programme «pacifique» et d’un allègement des sanctions. «La possibilité d’un accord provisoire existe», a affirmé un responsable iranien cité par l’agence. Le ministre des Affaires étrangères Abbas Araqchi évoque même «de bonnes chances» d’issue diplomatique. Les autorités iraniennes estiment qu'une solution diplomatique apporterait des bénéfices économiques à la fois pour Téhéran et Washington. Le responsable iranien a souligné que Téhéran ne cèderait pas le contrôle de ses ressources pétrolières et minières. «En fin de compte, les États-Unis peuvent être un partenaire économique de l'Iran, rien de plus. Les entreprises américaines pourront toujours intervenir comme sous-traitants dans les champs pétroliers et gaziers iraniens». Face à cela, Washington maintient une ligne dure. L’émissaire américain Steve Witkoff a reconnu sur Fox News que Donald Trump s’interrogeait sur le refus iranien de «capituler» malgré la pression militaire. Le président américain a fixé un ultimatum de dix à quinze jours pour parvenir à un accord, n’excluant pas des frappes limitées. Parallèlement, deux porte-avions et plusieurs dizaines d’avions de combat ont été déployés dans la région. Derrière la guerre des mots se cache un affrontement stratégique ancien : Washington exige des restrictions sur l’enrichissement, les missiles balistiques et l’influence régionale de Téhéran, tandis que l’Iran refuse toute discussion hors du nucléaire et réclame un «calendrier logique » de levée des sanctions, toujours d’après Reuters. L’Agence internationale de l’énergie atomique estime que l’Iran possède plus de 440 kg d’uranium enrichi à 60%, proche du seuil militaire. Les marchés, eux, réagissent déjà. Le Brent a bondi d’environ 18 % depuis fin 2025, la crainte d’un conflit intégrant jusqu’à 10 dollars de «prime de risque» dans les prix, selon La Tribune. Les investisseurs redoutent une perturbation majeure de l’approvisionnement énergétique mondial. Entre menace militaire et diplomatie contrainte, les négociations à venir ressemblent moins à un dialogue qu’à un compte à rebours. Un accord, même partiel, calmerait les marchés et la région.



