Si pour l'écrasante majorité des sportifs en France, le 14 février est synonyme de "Valentine’s day", pour Nabil Bentaleb c'est bien plus qu'une simple date à fêter avec des fleurs ou du chocolat. C'est, en effet, le 14 février 2025.que le Lillois est réapparu en compétition officielle pour la toute première fois depuis son malaise cardiaque. Comme l’a si bien mis en scène son actuel club employeur, c’était une première dans l’histoire du football français. Le 14 février 2025, 243 jours ou plus simplement 8 mois après avoir été victime d’un arrêt cardiorespiratoire, l’international algérien de 31 ans était autorisé à reprendre la compétition avec un défibrillateur sous-cutané. Un moment charnière dans la carrière de l’ex-Spur sur lequel il est revenu, non sans émotion, dans un entretien mis en ligne par le canal officiel du LOSC. Ce qui l’avait notamment marqué ? La haie d’honneur qui avait marqué son retour à l’entraînement. «C’était un moment incroyable de voir autant de personnes, même celles que l’on n’a pas forcément l’habitude de voir. On voit toujours le staff, qui est présent au quotidien, mais voir tous les salariés, tous ceux qui vivent et travaillent autour du Domaine de Luchin, c’était quelque chose de très fort pour moi» rembobine-t-il, avec le sourire.
"La notion d'espoir est très importante"
Tout n’avait pas été tout rose, reconnait d’ailleurs le mondialiste 2014 avec les Verts, avouant avoir passé «une période très compliquée», presque «une dépression» au cours de sa période de convalescence. Loin de se décourager, Nabil n’a jamais perdu espoir, surtout en «voyant qu’il y a des gens qui croient en toi». «Cela nous pousse à nous battre et à aller là où on souhaite aller» assure-t-il, sorti renforcé de cette terrible épreuve. «Le conseil que je me donnerais avec du recul, c’est de me dire de ne pas m’inquiéter, parce que ça ira mieux demain.
Cette notion d’espoir est très importante» méditera le combattif milieu de terrain, désormais focus sur les échéances qui l’attendent aussi bien en club qu’en sélection, renforcé par l’idée que le plus dur était passé. Un an plus tard, le fait de porter un défibrillateur sous-cutané ne l’inquiète pas outre mesure. «Je suis totalement serein, animé par l’amour du football. Je pense que l’on ne peut pas faire ce métier avec de l’appréhension. On ne peut pas être performant en ayant de la peur. Quand tu es sur le terrain, tout s’évapore» dit le coéquipier au quotidien d’Aïssa Mandi qui mesure encore plus aujourd’hui la chance qu’il a de «faire ce métier». «Je sais que ces moments-là ont une date de péremption. Mon métier, je dis ça mais c’est une passion, un plaisir. L’amour du football, je l’ai encore et je l’aurai encore pendant un certain temps, même si je sais qu’à un moment, il sera temps de raccrocher. Je me rapproche plus de la fin. Avec ce qui m’est arrivé, je me suis demandé si c’était la fin. J’ai appris à chérir et à savourer ces moments sur le terrain» soulignera avec un brin de philosophie l’international algérien.



