Algérie-UE : vers un partenariat stratégique

La relation entre l’Algérie et l’Union européenne franchit un cap décisif, passant d’un rapport traditionnel fournisseur-client à un véritable partenariat stratégique. La sixième réunion du dialogue politique de haut niveau sur l’énergie, tenue récemment à Alger, marque une nouvelle phase où la confiance et le co-développement deviennent les maîtres-mots. Pour Bruxelles, la transition énergétique et la sécurité des approvisionnements exigent de diversifier les sources ; pour Alger, cette dynamique est l’occasion de consolider son rôle de partenaire souverain et fiable. Dan Jorgensen, commissaire européen à l’Énergie, l’a rappelé sans détour : «L’Algérie est déjà un partenaire très important en matière de gaz, mais elle va le devenir encore plus». Face à la fin programmée des importations russes et à la dépendance croissante au GNL américain, l’Europe redécouvre le potentiel stratégique du Sud méditerranéen. Les gazoducs existants, l’expertise algérienne et la stabilité contractuelle du pays offrent un pilier solide pour l’indépendance énergétique européenne. Le message est clair : le gaz d’aujourd’hui ouvre la voie à l’énergie de demain, entre hydrogène vert et électricité renouvelable. Pour l’Algérie, l’heure est à la maturité et à l’exigence : garantir la sécurité énergétique de l’Europe implique un retour sous forme de transfert technologique et d’investissements dans les infrastructures. Mohamed Arkab, ministre d’État et ministre des Hydrocarbures, a insisté sur l’importance d’un partenariat «fondé sur la confiance, le respect mutuel et l’équilibre des intérêts», tandis que Mourad Adjal, ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, a souligné l’avancée des projets d’interconnexion électrique et de production d’hydrogène vert, véritables piliers d’une coopération durable. Diego Mellado, ambassadeur de l’UE à Alger, a confirmé l’intensité de cette dynamique: «Le partenariat est extrêmement riche et très intense», annonçant de nouveaux projets d’investissement pour 2026-2027 visant à transformer les échanges commerciaux en véritables ancrages industriels et financiers. La coopération ne se limite plus à l’approvisionnement en gaz: elle s’étend à l’énergie propre, aux infrastructures et à la modernisation industrielle, reflétant une vision partagée de co-développement euro-méditerranéen. L’Algérie, forte de ses ressources et de ses infrastructures, se positionne ainsi comme un acteur central, capable de sécuriser les flux énergétiques européens tout en faisant progresser sa propre transition industrielle et énergétique. La Méditerranée n’est plus seulement un carrefour géographique: elle devient le cœur d’un partenariat pragmatique où intérêts communs et visions d’avenir se conjuguent pour écrire une nouvelle page stratégique de la coopération euro-algérienne.


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