Autisme, vers un accompagnement national

Mercredi, le ministère de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la Femme a publié le décret exécutif n°26-82, officialisant la création de centres spécialisés pour la prise en charge des personnes atteintes de troubles du spectre de l’autisme (TSA). Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une politique nationale ambitieuse, impulsée par le président Tebboune, visant à garantir l’égalité des chances et l’inclusion sociale de cette population vulnérable. Le Centre national de l’autisme, dont le siège sera à Alger, servira de structure pilote pour uniformiser les pratiques et coordonner les interventions à l’échelle nationale. Ces centres auront pour mission d’offrir un accompagnement global, combinant enseignement adapté, suivi psychologique, rééducation fonctionnelle et activités culturelles ou sportives. Chaque bénéficiaire disposera d’un projet personnalisé, élaboré en collaboration avec les familles, pour assurer une prise en charge adaptée à ses besoins. Quatre annexes régionales, implantées à Tipaza, Oran, Tébessa et Béchar, permettront d’étendre l’accès aux services spécialisés et de réduire les disparités géographiques. Selon la plateforme officielle Autisme Algérie, environ 01 enfant sur 150 naît avec un TSA dans le pays, soit près de 500.000 personnes concernées sur l’ensemble du territoire. Farah Acid, présidente de la Fondation Elias pour l’autisme, rappelle qu'«isoler les enfants autistes, c’est nier leurs capacités», soulignant la nécessité d’une approche inclusive qui intègre le milieu scolaire ordinaire. Cependant, l’accès reste limité: le déficit d’auxiliaires de vie scolaire (AVS) et la rareté de structures adaptées freinent l’intégration, notamment lors des examens nationaux où l’accès des AVS est interdit. Le Plan national Autisme 2025-2029 constitue une avancée stratégique majeure. Il prévoit le dépistage précoce, la formation spécialisée des professionnels, le renforcement du soutien familial et l’amélioration de l’inclusion scolaire et professionnelle. Les nouvelles mesures incluent la digitalisation des services, facilitant la localisation des centres et les démarches administratives ainsi qu’une réévaluation des allocations pour alléger le coût des thérapies privées. Malgré ces efforts, Farah Acid, porte-parole du Collectif des parents d’enfants autistes Algérie, insiste sur la nécessité d’une approche coordonnée et multidimensionnelle: «L’urgence consiste à améliorer les diagnostics précoces et à garantir l’égalité des chances en matière d’instruction, de santé et de divertissement». Les défis restent nombreux mais les perspectives sont encourageantes: un réseau national structuré et des politiques inclusives devraient permettre, à terme, de transformer significativement la prise en charge de l’autisme en Algérie, offrant ainsi aux familles et aux enfants des solutions concrètes et durables.


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