Mardi, le Conseil de la nation a organisé une journée parlementaire consacrée à «?la transplantation d’organes humains, entre dimensions religieuse, juridique et médicale». Présidée par Azouz Nasri, en présence de la présidente de la Cour constitutionnelle: Leïla Aslaoui, du président de l’APN: Brahim Boughali et de la ministre Nadjiba Djilali, cette rencontre a mis en lumière les défis et perspectives du programme national de greffe. Selon le secrétaire général du ministère de la Santé, Mohamed Talhi, lors de cette journée, 1.600 greffes rénales ont été effectuées depuis 1986, accompagnées de 98 greffes cornéennes, 412 greffes de tissus et de quelques greffes de moelle osseuse et de foie. Les besoins restent considérables?: plus de 10.000 patients en insuffisance rénale attendent une transplantation. La greffe cardiaque, prévue pour 2026 et la relance des greffes hépatiques, figurent parmi les priorités. Le Pr Hocine Chaouche, ancien directeur de l’Agence nationale des greffes, a rappelé le rôle central des prélèvements sur donneurs décédés, actuellement limités, pour élargir le programme et permettre la greffe d’organes impossibles à prélever sur des vivants comme le cœur ou les poumons. Il a souligné que cette étape est cruciale pour réduire les longues listes d’attente et éviter le recours aux soins à l’étranger. Lors de cette journée, Nasri a insisté sur la nécessité d’un cadre juridique strict, garantissant la sécurité des donneurs et receveurs et d’une référence religieuse claire pour renforcer la confiance du public. Mabrouk Zaid El Kheir, président du Haut Conseil islamique, a rappelé que la majorité des instances reconnaissent la licéité du don et de la greffe, à condition de respecter la dignité du défunt et d’éviter toute exploitation commerciale. Les participants ont recommandé la relance de l’ANG, la création d’un registre national des dons et l’installation de trois pôles régionaux spécialisés pour assurer un accès équitable à la transplantation sur l’ensemble du territoire. Cette journée a rappelé que la transplantation d’organes n’est pas seulement un acte médical?: elle reflète la capacité de l’Algérie à conjuguer progrès scientifique, éthique et protection de la vie humaine, offrant un espoir concret à des milliers de patients, en attente d’une seconde chance.



