Le 14 février prochain, l’Algérie remettra les mains dans la terre. Cinq millions d’arbres doivent être plantés en une seule journée à travers le pays, dans le cadre d’une vaste campagne nationale de reboisement annoncée par le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche. Une opération d’ampleur, qui s’inscrit dans la continuité de celle menée le 25 octobre dernier et qui avait permis de dépasser toutes les prévisions, avec plus de 1,4 million d’arbres plantés grâce à une mobilisation citoyenne inédite. Cette nouvelle campagne marque un changement d’échelle mais aussi une évolution dans l’approche. Selon le ministre Yacine El Mahdi Oualid, le choix des essences obéit désormais à une logique écologique et économique assumée. Les plants d’arganier représenteront à eux seuls 71 % des arbres mis en terre, loin devant les arbres fruitiers et les espèces ornementales. L’objectif est clair : lutter durablement contre la désertification, restaurer les sols fragilisés et valoriser une espèce à fort potentiel dans les zones vulnérables. Sur le terrain, la Direction générale des forêts orchestre une mécanique logistique lourde : identification des sites, préparation des sols, approvisionnement en plants issus des pépinières forestières et mobilisation de moyens humains considérables. Une coordination étroite est engagée avec les wilayas, les collectivités locales, les associations, les établissements scolaires et même les entreprises, appelées à participer activement à l’opération. Au-delà des campagnes nationales, le reboisement se joue aussi à l’échelle locale. À Alger, la Direction des forêts et de la ceinture verte prévoit de remplacer les arbres déracinés par les récentes intempéries, avec une sélection d’espèces locales adaptées au milieu urbain. «Il ne s’agit plus de planter au hasard, mais de restaurer un équilibre écologique durable», souligne la directrice Sabrina Hakkar, insistant sur le suivi et l’entretien des plantations. Pour le directeur général des forêts, Djamel Touahria, ces campagnes traduisent une prise de conscience collective face à l’érosion du couvert végétal, aggravée par les incendies et les changements climatiques. Le Barrage vert, relancé depuis 2023, a déjà permis de reboiser près de 40 000 hectares, avec un taux de réussite jugé élevé. Reste un défi majeur : faire survivre les arbres au-delà des journées symboliques. Car planter est un acte fort, mais entretenir, protéger et transmettre la culture environnementale demeure le véritable enjeu.



