Ramadhan, prix sous contrôle…

Alors que le mois sacré de Ramadhan approche à grands pas, les Algériens observent déjà les premières tensions sur certains produits du marché alimentaire. Le poulet, en particulier, voit ses prix s’envoler depuis le début février. Selon les derniers relevés, le kilo se négocie entre 268 et 300 dinars en gros et jusqu’à 350 dinars au détail, soit une hausse de 40 à 60 dinars par rapport à la semaine précédente. Les experts pointent du doigt deux facteurs: la demande accrue liée à l’approche du Ramadhan et les intempéries ayant endommagé plusieurs poulaillers. Face à cette situation, les pouvoirs publics multiplient les mesures pour éviter une flambée généralisée des prix et contrer la spéculation. Le ministère du Commerce intérieur, en coordination avec l’entreprise publique Magro, a lancé un dispositif garantissant la continuité des marchés de gros, notamment pour les fruits et légumes, même pendant les week-ends. Par ailleurs, des réductions spéciales sur certains produits de première nécessité seront appliquées dès la semaine prochaine, tandis que 560 marchés de proximité ouvriront dans 69 wilayas pour proposer viandes et denrées à des prix abordables, réduisant ainsi le rôle des intermédiaires. Côté viandes rouges, l’Office régional des viandes rouges «ORVO» a intensifié les abattages de moutons importés et ouvert de nouveaux abattoirs, afin de fournir un flux régulier sur les marchés. Plus de 29.500 tonnes de viandes rouges et blanches devraient être importées entre janvier et mars pour sécuriser l’approvisionnement durant le Ramadhan, avec un objectif clair: garantir des prix accessibles aux familles. Le volet solidarité n’est pas en reste. La ministre Soraya Mouloudji a annoncé une enveloppe de 1,470 milliard de dinars pour la prime de Ramadhan, mobilisant plus de 300 cellules de proximité pour accompagner la campagne de rationalisation de la consommation et la lutte contre le gaspillage. Plus de 900 familles productrices participeront aux marchés de proximité et 2.200 restaurants d’iftar seront ouverts pour fournir des repas aux personnes vulnérables et aux passants. Entre dispositifs de régulation, soutien direct aux familles et mobilisation des producteurs, l’État mise sur une approche à la fois préventive et solidaire pour permettre aux ménages algériens de traverser le mois sacré, sans subir de flambée durable des prix alimentaires, tout en assurant un Ramadhan serein et accessible à tous.


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