A Alger, plus de 70 associations et acteurs publics se sont réunis mardi pour dresser le bilan de la lutte contre le cancer et tracer de nouvelles perspectives. Organisée par la Commission nationale de prévention et de lutte contre le cancer, cette rencontre s’inscrit dans la stratégie nationale 2025-2035, impulsée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, et vise à renforcer la coordination entre secteurs public, privé et société civile. Chaque année, plus de 55 000 cas de cancer sont recensés en Algérie», rappelle le Pr Adda Bounedjar, président de la Commission. Un chiffre qui explique l’intensité des efforts nationaux. Grâce à la mobilisation, le taux de dépistage précoce atteint aujourd’hui 50 %, et l’objectif est de franchir les 60 % d’ici 2030. Pour le cancer du sein, la progression est nette : le diagnostic à un stade avancé est passé de 40 % en 2000 à 18 % aujourd’hui, et l’âge moyen d’atteinte a glissé de 47 à 52 ans. Quatre ateliers ont rythmé la rencontre, abordant le dépistage, la prévention, le rôle des associations et la coopération intersectorielle. Le Pr Bounedjar a également annoncé une campagne imminente de vaccination contre certains cancers, notamment liés au papillomavirus humain, une initiative déjà efficace dans plusieurs pays. Côté traitement, le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, a souligné la disponibilité des médicaments anticancéreux et la production locale : « Dix établissements spécialisés assurent la fabrication de 450 médicaments, avec un accent sur l’immunothérapie et les thérapies ciblées ». Cette autonomie vise à garantir la continuité des soins et à renforcer la souveraineté sanitaire du pays. La ministre de la Solidarité nationale, Soraya Mouloudji, a mis en lumière le rôle crucial des associations dans l’accompagnement psychologique des malades et la sensibilisation du public, insistant sur l’importance de la prévention et de la lutte contre les causes de la maladie. Le secrétaire général du ministère de la Santé, Mohamed Talhi, a quant à lui rappelé que cette mobilisation collective reflète « la volonté de relever l’un des défis sanitaires les plus graves de notre époque ». Entre prévention, innovation thérapeutique et mobilisation citoyenne, l’Algérie affirme sa détermination à réduire l’impact du cancer, améliorer les chances de survie et construire un modèle intégré de soins, où chaque citoyen peut accéder à un diagnostic précoce et à un traitement de qualité.



