Gaz: prix volatils, Europe en quête de sécurité

Le marché mondial du gaz naturel traverse une période de forte volatilité, étroitement liée aux conditions climatiques et aux tensions géopolitiques. Aux États-Unis, les contrats à terme ont chuté de plus de 20 % début février 2026, sous l’effet de prévisions météorologiques annonçant un adoucissement du froid arctique qui frappait la côte Est du pays. Les analystes rappellent que la demande hivernale reste extrêmement sensible aux variations de température, faisant du gaz naturel un produit structurellement réactif aux cycles saisonniers. Parallèlement, le gaz naturel liquéfié (GNL) connaît une croissance soutenue, de l’ordre de 3% par an selon le Directeur général de Shell, Wael Sawan, relaye Reuters. Cette dynamique est alimentée par les États-Unis qui, depuis la crise ukrainienne et la réduction des flux russes vers l’Europe, sont devenus le principal fournisseur de l’UE. Entre 2021 et 2025, les importations européennes de GNL américain ont presque quadruplé, passant de 21 à 81 milliards de m³, soit près de 60% des importations totales de GNL de l’UE, comme le souligne l’AFP. Mais cette substitution a généré de nouvelles inquiétudes. «Il y a une inquiétude grandissante que je partage, liée au risque de remplacer une dépendance par une autre», avertit le commissaire européen à l’Énergie Dan Jorgensen à l’AFP. L’Europe, confrontée à un approvisionnement coûteux et dépendant des États-Unis, envisage désormais de diversifier ses sources vers le Canada, le Qatar et l’Afrique du Nord, afin de réduire ses vulnérabilités géopolitiques. Dans ce contexte, l’Algérie se profile comme un partenaire stratégique naturel. Proche géographiquement, dotée d’infrastructures robustes et de réserves importantes de gaz naturel, elle peut fournir l’Europe par pipelines et sous forme de GNL, à des coûts compétitifs. Selon les experts, ce rôle pourrait stabiliser les approvisionnements européens, tout en réduisant la dépendance au gaz américain, offrant une alternative fiable et durable face aux risques géopolitiques et climatiques. Le marché gazier mondial semble donc évoluer vers une nouvelle ère: excédent de GNL américain, volatilité des prix et nécessité pour l’Europe de sécuriser ses approvisionnements. Dans ce jeu de bascule géopolitique et économique, l’Algérie pourrait bien devenir le fournisseur clé d’une Europe cherchant à équilibrer sécurité énergétique, compétitivité et indépendance stratégique.


ads