OPEP+, prudence stratégique jusqu’en mars

L’OPEP+ a choisi la continuité plutôt que l’audace. Dimanche, l’Algérie et sept autres membres engagés dans des ajustements volontaires — Arabie saoudite, Russie, Émirats arabes unis, Irak, Kazakhstan, Koweït et Oman — ont confirmé le gel de toute hausse de production jusqu’en mars 2026. Selon le communiqué du ministère algérien des Hydrocarbures et des Mines, cette décision est «pleinement cohérente avec les conditions actuelles du marché» et vise à «préserver les équilibres du marché au profit des producteurs et des consommateurs. Le signal est clair : malgré un baril de Brent proche des 70 dollars, l’alliance préfère temporiser. D’après Reuters, les huit pays avaient déjà remis sur le marché environ 2,9 millions de barils par jour entre avril et décembre 2025, soit près de 3 % de la demande mondiale. En novembre, ils avaient décidé de suspendre les hausses prévues pour le premier trimestre 2026 en raison d’une consommation saisonnière plus faible. Le maintien de ce gel traduit une prudence assumée face aux incertitudes géopolitiques, notamment les tensions croissantes entre Washington et Téhéran, qui ont récemment porté le Brent à un plus haut de six mois à 71,89 dollars. Mais au-delà du court terme, l’équation reste fragile. «Compte tenu de l’incertitude croissante autour de l’Iran et des tensions avec les États-Unis, le groupe garde toutes les options ouvertes», analyse Jorge Leon, ancien responsable de l’OPEP devenu analyste chez Rystad Energy, cité par Reuters. Il souligne que les propres chiffres de l’OPEP suggèrent une baisse de la demande de brut OPEP+ au deuxième trimestre, limitant la marge de manœuvre pour augmenter la production. Dans ce contexte, la discipline interne devient stratégique. Le Comité ministériel conjoint de suivi «JMMC » a d’ailleurs insisté, selon le communiqué, sur «le respect strict et continu des décisions collectives» comme condition de la stabilité du marché. En toile de fond, la diplomatie énergétique américaine ajoute une couche d’incertitude. Le président Donald Trump a affirmé que l’Inde achèterait du pétrole vénézuélien pour remplacer une partie de ses achats russes et a évoqué la possibilité d’un accord similaire avec la Chine, selon Reuters. Des déclarations qui rappellent que, sur le marché pétrolier, la géopolitique demeure une variable aussi décisive que les barils eux-mêmes.


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