Cancer en Algérie, un combat collectif

Le cancer n’est plus un simple enjeu médical : il est devenu, en Algérie, un défi national à l’échelle sociétale. Chaque année, plus de 56 000 nouveaux cas sont recensés, touchant hommes et femmes, adultes et enfants, et faisant du dépistage précoce une nécessité vitale. Lors de la Journée mondiale de lutte contre le cancer, le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudene, a rappelé que « la lutte contre le cancer constitue une priorité nationale majeure », en détaillant les quatre axes de la stratégie : prévention, dépistage, prise en charge thérapeutique et recherche scientifique. Dans les hôpitaux, des mesures concrètes se mettent en place : 25 nouveaux services de radiothérapie, cinq établissements hospitaliers spécialisés en cours de finalisation, et l’acquisition de générateurs de rayons X pour répondre à l’urgence des soins. La numérisation des dossiers médicaux et des plateformes de radiologie à distance illustre l’effort pour moderniser le parcours du patient et faciliter le suivi. Mais comme le rappelle le professeur Fatiha Gachi, oncologue pédiatrique, «seuls 28 lits sont opérationnels sur 60 au Centre Pierre et Marie Curie, il faut ouvrir le reste et renforcer le personnel». La prévention demeure le meilleur combat. Adda Bounedjar, président de la Commission nationale, souligne que le tabagisme, l’obésité et la sédentarité sont autant de facteurs de risque évitables. La vaccination contre le cancer du col de l’utérus, prévue dès 2026, et le dépistage régulier des adultes à risque, deviennent des armes incontournables pour inverser la tendance. Les progrès sont tangibles : taux de dépistage amélioré, centres modernisés, registre national du cancer. Phanuel Habimana, représentant de l’OMS en Algérie, insiste : l’Algérie dispose désormais des moyens pour devenir un modèle régional, à condition de poursuivre l’effort collectif et d’atteindre toutes les wilayas. Dans ce combat, l’État et la société civile doivent conjuguer leurs efforts. Comme le résume le ministre : «La lutte contre le cancer est une responsabilité collective». Une phrase qui, face à la montée des cas et à la complexité de la prise en charge, résonne comme un appel urgent à la mobilisation de tous.


ads