OPEP+, Alger au cœur du jeu

A quelques semaines de sa réunion du 1er mars, l’alliance OPEP+ prépare un tournant stratégique : une reprise progressive des hausses de production dès avril, selon plusieurs sources internes citées par Reuters. Cette perspective, motivée par l’anticipation d’une demande estivale record, vise aussi à permettre à des producteurs clés — notamment l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis — de regagner des parts de marché face à des concurrents affaiblis par les sanctions, comme la Russie, l’Iran ou le Venezuela. Huit pays, dont l’Algérie, avaient déjà relevé leurs quotas d’environ 2,9 millions de barils par jour entre avril et décembre 2025, soit près de 3 % de la demande mondiale, avant de geler toute hausse début 2026 en raison d’une consommation saisonnièrement plus faible, rapporte Reuters. L’hypothèse d’un redémarrage alimente désormais les spéculations, même si aucune décision officielle n’a été arrêtée. Sur les marchés, l’annonce a provoqué un recul momentané des cours : le Brent a touché 66,89 dollars avant de se redresser autour de 67 dollars, illustrant la nervosité persistante des investisseurs. «Les intentions de l’OPEP en matière de production attirent toujours l’attention, surtout lorsqu’elles sont inattendues », souligne l’analyste Ole Hansen de Saxo Bank, cité par Reuters. Pourtant, la détente des prix ne tient pas seulement à l’offre. Les tensions géopolitiques restent déterminantes, notamment le bras de fer entre Washington et Téhéran. L’Iran, acteur majeur du Golfe, contrôle avec Oman le détroit d’Ormuz, par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial. Toute escalade militaire pourrait provoquer une flambée immédiate des cours, rappellent plusieurs analystes cités par l’AFP. Parallèlement, la demande mondiale montre des signes d’essoufflement. Dans son rapport du 12 février, l’Agence internationale de l'énergie a revu à la baisse sa prévision de croissance pour 2026 à 850 000 barils par jour, soit 80 000 de moins qu’estimé auparavant, pour une demande totale d’environ 104,9 millions de barils par jour. L’agence évoque un marché potentiellement excédentaire cette année. Entre offre appelée à augmenter, demande moins dynamique et tensions géopolitiques imprévisibles, le pétrole évolue dans une zone d’équilibre fragile. La décision attendue début mars pourrait donc déterminer non seulement les prix de l’été, mais aussi l’orientation énergétique mondiale pour le reste de l’année.


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