Climat en Algérie: vers des extrêmes

Le thermomètre grimpe, les pluies se font ca-pricieuses, et l’Algérie, l’un des «hotspots» mondiaux du changement climatique, se prépare à une décennie de défis inédits. «Le climat futur sera plus chaud, plus extrême, avec des pluies imprévisibles», prévient Sid Ahmed Hammadi, directeur de l’exploitation météorologique à l’ONM. Les projections sont sans appel: +5,9 à +6,9 °C la nuit, des étés caniculaires et des épisodes pluvieux dispersés et violents. Les signes sont là, quotidiens: vagues de chaleur plus longues, épisodes méditerranéens violents et inondations localisées — pour lesquelles l’ONM diffuse désormais des bulletins météorologiques spéciaux ciblant des côtes et wilayas précises. Hammadi rappelle que la prévision permet d’anticiper 2030, 2050 voire 2100, mais qu’«on n’a aucun pouvoir sur la nature» — d’où l’impératif d’adapter les dispositifs humains: planification, alertes précoces, sensibilisation et gestion proactive des risques. Face à l’urgence, l’Algérie mise sur l’anticipation et la coordination. Le Plan national d’adaptation aux changements climatiques, en cours de déploiement, s’impose comme la colonne vertébrale de la résilience nationale. Kaoutar Krikou, ministre en charge du climat, insiste: «la formation des acteurs locaux et la participation des collectivités sont essentielles». La première phase couvre 28 wilayas, dotant élus et citoyens d’outils pour gérer risques et inondations. Le PNA ne se limite pas à la théorie: agriculture, santé, urbanisme, énergie et transports convergent dans un effort intersectoriel inédit, transformant la stratégie en actions concrètes et territorialisées. Le plan s’accompagne de mesures tangibles. Dessalement de l’eau de mer, réutilisation des eaux usées, cartographie des zones à risque, renforcement des systèmes d’alerte précoce et lutte contre l’érosion (40 000 hectares perdus chaque année) sont autant de réponses au chaos climatique. Le ministre de l’Hydraulique, Taha Derbal, rappelle la nécessité de garantir «un accès équitable à l’eau tout en assurant sa durabilité». Et lorsque les tempêtes frappent, comme ces dernières 24 heures avec 3 006 interventions de la Protection civile, le PNA se présente comme une boussole, reliant anticipation scientifique, infrastructures concrètes et coordination nationale. Entre canicules, inondations et érosion, l’Algérie sort d’une gestion réactive pour construire une résilience proactive. Le pays mise sur la science, la formation et la planification pour transformer ses vulnérabilités climatiques en stratégies d’adaptation tangibles.


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