Covid-19, l’alerte de l’OMS

Alors que le Covid-19 semble relégué à l’arrière-plan de l’actualité, l’Organisation mondiale de la santé rappelle, dans son dernier communiqué, une vérité moins rassurante : le virus demeure une menace persistante pour les plus vulnérables. Fin 2025, l’OMS alerte sur la combinaison préoccupante entre une circulation toujours active du SARS-CoV-2, l’émergence de nouvelles variantes et une baisse marquée de la couverture vaccinale chez les populations à risque. Les données compilées par l’agence onusienne, issues de six pays et régions européennes, montrent qu’après la fin officielle de la pandémie, le Covid-19 continue de provoquer des formes graves. Entre mai 2023 et avril 2024, près de 10 % des patients hospitalisés pour des infections respiratoires aiguës étaient atteints du Covid-19. Parmi eux, 13 % ont été admis en soins intensifs et 11 % sont décédés, des chiffres comparables, voire supérieurs, à ceux observés pour la grippe. Les personnes âgées et celles souffrant de maladies chroniques paient toujours le plus lourd tribut. Cette alerte intervient alors que l’OMS signale l’apparition d’un nouveau variant détecté au Moyen-Orient, dans un contexte de surveillance accrue des coronavirus circulant dans la région. Si aucune flambée majeure n’est observée à ce stade, les autorités sanitaires soulignent que la mobilité internationale et la coexistence de plusieurs virus respiratoires favorisent les risques de diffusion. L’histoire récente a appris que ces signaux faibles méritent d’être pris au sérieux. Dans ce paysage sanitaire fragmenté, la question vaccinale reste centrale. Le communiqué de l’OMS insiste sur un constat préoccupant: la majorité des patients hospitalisés pour Covid-19 n’avaient pas reçu de vaccin à jour, alors même qu’ils appartenaient aux groupes pour lesquels une revaccination annuelle est recommandée. Or, les études sont concordantes: un rappel administré dans les six derniers mois réduit de 60 à 70 % le risque d’hospitalisation et de formes graves. À cela s’ajoute un argument clé pour restaurer la confiance. Une large étude française, publiée récemment, confirme l’innocuité à long terme des vaccins à ARN messager. Cinq ans après le lancement des campagnes de vaccination de masse, aucune augmentation de la mortalité, toutes causes confondues, n’a été observée. Un résultat qui bat en brèche les discours anxiogènes persistants. La pandémie est peut-être derrière nous, mais la prévention, elle, reste d’actualité.


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