A la veille de la réunion de dimanche, l’OPEP+ aborde son rendez-vous avec la placidité d’un cartel convaincu qu’il vaut mieux ne pas faire de vagues lorsque le marché flotte déjà entre incertitudes géopolitiques et surplus à peine voilés. Le Brent navigue autour de 63 dollars, dans un calme trompeur que ni les spéculations sur un cessez-le-feu en Ukraine, ni les signaux conjoncturels venus des États-Unis ne semblent réellement bouleverser. Selon marketpulse.com, qui souligne l’absence d’initiative majeure à l’ordre du jour, l’alliance pétrolière devrait se contenter d’une « réunion technique », sans modification des volumes encadrés jusqu’à fin 2026. Même la question irakienne — Bagdad produisant bien au-dessus de son quota — ne devrait déboucher que sur un léger réajustement symbolique, destiné davantage à préserver l’unité du groupe qu’à influencer les prix. Une stratégie de continuité, presque de discipline feutrée, qui tranche avec les tensions internes récurrentes : l’exemple de l’Angola, parti en 2024 après des désaccords sur ses capacités, reste dans tous les esprits. L’ombre portée de l’Ukraine continue toutefois de peser sur les cours. L’éventualité d’un accord, soutenu avec insistance par Washington, nourrit l’idée d’un retour progressif du brut russe sur le marché mondial. Là encore, prudence : la diplomatie avance plus lentement que les algorithmes de trading. Mais les investisseurs savent qu’une embellie géopolitique suffirait à réactiver les craintes de surabondance déjà alimentées par la hausse de la production aux États-Unis, au Brésil et au Guyana. Cette inquiétude n’est pas nouvelle. Les données compilées par plusieurs agences montrent un marché glissant du déficit vers l’équilibre, voire vers l’excédent début 2026. Certains estiment même que les stocks pourraient grimper de plusieurs millions de barils par jour au premier trimestre - un choc potentiel pour des prix déjà fragilisés par un WTI figé autour de 59 dollars. Pourtant, l’OPEP persiste à démentir tout scénario de surplus massif, dénonçant des «interprétations erronées» de ses analyses. Dans ce tableau contrasté, la réunion virtuelle de dimanche devrait donc surtout confirmer le statu quo: maintien du gel des hausses, discipline affichée, et un horizon stratégique repoussé à 2027, lorsque le délicat débat sur les capacités de production devra, cette fois, être tranché. En attendant, le cartel parie sur le temps et sur la patience d’un marché qui, faute de véritables annonces, se satisfait pour l’instant d’une stabilité précaire.



