Le cancer du sein a une particularité en Algérie, en ce sens qu’il affecte ces dernières années les femmes à un âge jugé précoce et à la limite des 40 ans contrairement aux autres pays du monde. Ce qui fait que l’Algérie est axé sur la prévention contre cette maladie grave et mortelle comme autre moyen de lutte.
Il s’agit d’une maladie pas comme les autres et dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle est devenue au fil des années une véritable épidémie voire un fléau épidémiologique social et ce au vu des proportions alarmantes qu’elle a prises. Première maladie cancéreuse inquiétant les femmes dans le monde, le cancer du sein se développe encore et davantage et toutes les stratégies sont aujourd’hui focalisées sur la prévention et sur la manière dont on pourrait en retarder les effets sur le corps humain de la femme. Les statistiques récentes montrent que chaque année 15 000 nouveaux cas apparaissent en Algérie, entraînant plus de 4 200 décès. Ce qui n’est pas rien. L’Algérie s’est mobilisée contre le cancer du sein. En d’autres termes, cela représente environ 13 femmes qui en meurent chaque jour. C’est ce qu’a indiqué, mercredi, Mme Hamida Kettab, présidente de l’association El-Amel, à l’occasion du début du «Mois rose», dédié à la sensibilisation et à la lutte contre ce type de cancer. Intervenant dans l’émission «L’invité de la matinale» sur les ondes de la Chaîne 2 de la Radio algérienne. En Algérie où cette terrible maladie gagne du terrain et occupe un taux de 40% parmi les autres cancers chez les femmes, l’écueil du diagnostic tardif ralenti la guérison et contrarie l’efficacité des traitements. Les causes sont multiples. La femme qui se sait atteinte par cette maladie a peur de divulguer son cas devant la famille ou son mari de peur de perdre son travail de divorcer ou encore d’être isolée C’est un vrai engrenage psychologique chez la femme qui vit avec un cancer du sein en Algérie. Elle a donc peur de déclarer son cas et de se faire diagnostiquer.
Les conséquences peuvent être dans ce cas désastreuses car, par ces agissements, cela retarde les traitements et minimise de facto l’espérance de vie chez la femme qui en est affectée. Justement, c’est à ce niveau de la capacité mentale et psychologique des femmes atteintes du cancer de sein à surmonter et à faire face à cette épreuve que réside la vraie problématique. C’est pourquoi l’Algérie intensifie les campagnes de sensibilisation et de dépistage précoce sans oublier l’assistance psychologique afin d’amener les femmes malades à se faire diagnostiquer. Mme Kettab a expliqué d’emblée qu’Octobre constitue un moment clé pour rappeler l’importance de la prévention afin de se prémunir contre cette maladie qui touche particulièrement les femmes à travers le monde. «Le dépistage précoce est la seule parade efficace contre la propagation du cancer du sein», a-t-elle affirmé. Selon la présidente de l’association El-Amel, les opérations de sensibilisation initiées par le ministère de la Santé et le mouvement associatif ont permis de faire prendre conscience aux femmes de l’importance du dépistage précoce. La preuve en est qu’aujourd’hui, plus de 68 % des femmes qui se présentent pour des soins sont à un stade précoce de la maladie, alors qu’auparavant, on recevait majoritairement des patientes à un stade avancé nécessitant des traitements lourds (mastectomie totale, chimiothérapie, radiothérapie…). Comme chaque année, des campagnes de sensibilisation et de dépistage seront lancées durant ce mois d’octobre. L’association El-Amel, pour sa part, a mis en place une caravane médicale qui ciblera particulièrement les zones enclavées. «Notre caravane sera équipée de matériel de pointe, avec mammographe, échographe… et sera composée de spécialistes de la santé ainsi que d’imams, afin de convaincre les femmes hésitantes», a précisé Mme Kettab.
15.000 nouveaux cas et plus de 4 200 décès par an. Cancer du sein: Toute l'importance de la prévention
- par B.kamel
- Le 01 Octobre 2025
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