Pétrole, l’excédent qui fait plier les prix

Les marchés pétroliers tanguent entre surabondance d’offres et inquiétudes géopolitiques. Vendredi, le baril de Brent reculait de 0,6 % à 68,21 dollars et le WTI suivait la même pente à 64,22 dollars, rapporte MT Newswires. Cette détente des prix survient alors même que la semaine avait démarré sur des tensions, avec des frappes ukrainiennes visant des infrastructures russes, facteur de hausse temporaire, indique Reuters. La mécanique est bien connue: l’offre augmente, les prix baissent. C’est précisément ce qui se joue avec l’OPEP+, qui a intensifié sa production ces dernières semaines. Une stratégie de conquête de parts de marché qui accentue la pression baissière. À cette donnée structurelle s’ajoute un facteur saisonnier: la fin de l’été aux États-Unis, premier consommateur mondial de carburant, se traduit par une baisse de la demande automobile. Certes, les stocks américains ont affiché une baisse plus forte qu’attendue à la fin août, laissant penser que l’industrie et le fret soutiennent encore la demande. Mais ce sursaut ne compense pas l’effet d’un marché globalement mieux approvisionné, souligne Reuters. À l’horizon immédiat, les investisseurs scrutent la réunion de l’OPEP+ prévue la semaine prochaine, qui pourrait clarifier la trajectoire de l’offre. Mais au-delà, la perspective est celle d’un baril en repli durable. Selon Goldman Sachs, le Brent pourrait tomber autour de 50 dollars d’ici fin 2026, un niveau comparable à celui de 2021 comme le relaye lenergeek.com. La banque américaine met en avant plusieurs moteurs: la montée en puissance du pétrole de schiste aux États-Unis, une production mondiale plus abondante et un ralentissement attendu de la demande. Une telle correction, si elle se confirme, aurait des effets contrastés. Les automobilistes européens retrouveraient des prix à la pompe plus supportables: à 50 dollars le baril, le litre de gazole en France pourrait retomber autour de 1,35 euro, rappelle lenergeek.com. Les pays importateurs, eux, bénéficieraient d’un répit budgétaire. Mais les grands exportateurs, de l’Arabie saoudite à la Russie, verraient leurs revenus amputés, compliquant leurs équilibres financiers. Le pétrole, depuis un siècle, est autant une matière première qu’un thermomètre géopolitique. Aujourd’hui, il reflète moins les chocs de court terme que l’installation d’un excédent structurel. Un baril à 50 dollars sonnerait comme une révolution silencieuse: celle d’un marché qui, après avoir inquiété par ses flambées, menace désormais par sa lente érosion.


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