Il souffle un vent de renouveau sur le transport terrestre algérien. L’annonce, faite ce lundi 25 août par le ministre des Transports, Saïd Sayoud, résonne comme une petite révolution: l’importation de bus neufs et de bus de moins de cinq ans est désormais ouverte aux transporteurs. Une décision qui s’inscrit dans un vaste plan national de modernisation du parc dont l’âge moyen frôle les vingt ans et qui totalise quelque 84.000 véhicules. Concrètement, 5.400 bus de plus de trente ans devront être remplacés dans les six prochains mois. Et ce n’est qu’un début: près de 28.000 autres, âgés de plus de vingt ans, suivront. Au total, l’opération devrait concerner la quasi-totalité du parc vieillissant. Une cure de jouvence qui arrive à point nommé, après des drames routiers récents rappelant cruellement les limites d’un matériel usé. Mais ce chantier n’est pas qu’une affaire de véhicules. Le ministère a créé un groupe de travail chargé d’examiner une éventuelle révision des taxes douanières. Car si la loi autorise désormais l’importation, encore faut-il que les coûts n’écrasent pas les transporteurs. Les professionnels, réunis au sein de l’Organisation nationale des transporteurs, plaident ouvertement pour des exonérations, espérant voir cette mesure intégrée dès la prochaine loi de finances. La question du financement reste également au cœur des préoccupations. Comme le rappelle Hussein Bouraba, président de l’Organisation, au journal Echerouk le prix d’un bus démarre à un milliard de centimes, une somme colossale pour la plupart des exploitants. L’idée de crédits bancaires à long terme, à l’image de ce qui existe dans le secteur agricole, fait son chemin. Objectif: permettre aux transporteurs privés qui assurent 95 % des déplacements quotidiens de plus de 12 millions de passagers, de renouveler leur flotte sans plomber leur équilibre financier. Côté offre, trois concessionnaires agréés ont déjà obtenu leurs licences d’importation. Les marques Isuzu, Higer, Yutong ou encore Mercedes sont citées parmi les plus adaptées au marché local, à condition de garantir un service après-vente solide et la disponibilité des pièces de rechange. Car le défi ne se limite pas à acheter : il faudra aussi entretenir et assurer la fiabilité du matériel sur la durée. Ce vaste chantier est porteur d’espoir. Espoir d’un transport public plus sûr, plus moderne, et à terme, plus respectueux du confort des usagers. Mais il révèle aussi l’ampleur d’une équation complexe: concilier modernisation, viabilité économique et accessibilité pour les millions d’Algériens qui montent chaque jour dans un bus. Comme l’a résumé Saïd Sayoud, «le renouvellement du parc est en marche». Reste à voir si les promesses fiscales et financières suivront la cadence des annonces.