Depuis le 7 octobre 2023, les civils ont représenté plus de 80 % des victimes de la guerre menée par Israël dans l’enclave palestinienne, selon une enquête menée par trois médias et basée sur des données classifiées. Au moins 83 % des Palestiniens tués dans la guerre à Ghaza sont des civils, révèle une enquête accablante menée par les médias israéliens + 972 et Local Call et britannique The Guardian, basée sur des données internes.
Les chiffres obtenus à partir de cette base de données clas-sifiée “contredisent largement les déclarations publiques de l’armée et des responsables israéliens, qui ont généralement rapporté un ratio des victimes civiles par rapport aux victimes militaires de 1 à 1 ou de 2 à 1”, souligne le journal en ligne israélien + 972. Or les chiffres obtenus “corroborent les conclusions de plusieurs études suggérant que les bombardements israéliens sur Ghaza ont tué des civils à un rythme sans précédent dans les guerres modernes”, ajoute le média de gauche. L’armée israélienne a confirmé l’existence de cette base de données gérée par la Direction du renseignement militaire. Selon plusieurs sources du renseignement israélien, “il n’existe pas d’autres sources” concernant le nombre de morts, rapporte + 972. D’après les données obtenues, l’armée israélienne a répertorié 8 900 combattants du Hamas et du Djihad islamique tués entre le 7 octobre 2023 et la fin du mois de mai 2025 sur un total de 53 000 morts recensés dans l’enclave palestinienne. Le bilan civil s’élevait ainsi à 44 100 morts durant cette période. Ces chiffres concordent avec le bilan global communiqué par le ministère de la Santé à Ghaza – qui ne fait pas de distinction entre civils et combattants –, et qui s’élevait à environ 53 000 morts il y a trois mois. Le bilan humain global a, depuis, dépassé les 60 000 morts, mais ce chiffre est considéré comme sous-évalué par quelques études indépendantes, selon lesquelles la barre des 100 000 morts aurait probablement été atteinte. En juillet 2024 déjà, la revue médicale britannique The Lancet estimait pour sa part à 186 000 le nombre total de morts à Ghaza durant les dix premiers mois de la guerre. Par ailleurs, pas moins de 11 citoyens, dont 2 enfants, sont morts de famine et de malnutrition dans la bande de Ghaza au cours des dernières 24 heures, selon des sources médicales locales. Des sources médicales dans la bande de Ghaza ont rapporté lundi la mort de 11 civils, dont 2 enfants, en raison de la famine et de la malnutrition recensées dans les hôpitaux au cours des dernières 24 heures. Elles ont rapporté également que le nombre total de victimes de la famine et de la malnutrition s’élève à 300 martyrs, dont 117 enfants. Cette crise humanitaire continue de s’aggraver, compte tenu du siège et de la pénurie de nourriture et de fournitures médicales, car la grave famine chevauche une guerre génocidaire menée par l’entité sioniste depuis le 7 octobre 2023. Depuis le 2 mars 2025, les autorités d’occupation ont fermé tous les points de passage avec la bande de Ghaza, empêchant l’entrée de la plupart des aides alimentaires et médicales, provoquant une famine. L’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés (UNRWA) a averti que la malnutrition chez les enfants de moins de 5 ans avait doublé entre mars et juin, en raison du blocus continu. Alors que les chars israéliens sont aux portes de Ghaza, le projet d'occupation totale de l'enclave suscite un vaste mouvement de contestation. À la frontière avec Ghaza, des centaines de manifestants israéliens protestent contre leur gouvernement. "Le peuple demande un cessez-le-feu", crie un homme au mégaphone. Ils désapprouvent le plan de contrôle total de Ghaza. "Je pense que Netanyahou a pris des mesures qu'il n'aurait pas prises sans la pression de Smotrich et Ben-Gvir", avance de son côté un manifestant. Conquérir le Grand Israël, c'est le dessein assumé de Bezalel Smotrich, qui s'est laissé photographier, il y a quelques jours, devant ce mur tagué sur lequel est écrit "Mort aux Arabes". Il défend l'expansion des colonies israéliennes sur les terres palestiniennes. Lui-même vit dans une communauté orthodoxe qui s'agrandit, dans le nord de la Cisjordanie.
Synthèse d B. L.