Abderrazak Mokri, ex-président du Mouvement de la société pour la paix (MSP, héritier du Hamas) s’emploie encore une fois à opposer la Déclaration du 1er novembre 1954 et la Plateforme de la Soummam de 1956. Ce discours, qui n’a rien d’innocent, relève d’une stratégie idéologique vieille de plusieurs décennies, visant à semer la discorde dans la mémoire nationale. Le regard de Mokri, qui n’est pas historien, n’est pas celui d’un chercheur mais d’un militant enfermé dans le prisme des Frères musulmans, une mouvance inféodée à des agendas extérieurs et adepte de la politique de la Turquie d’Erdogan. Lorsqu’il aborde Novembre et la Soummam, ce n’est pas pour éclairer le débat historique mais pour le plier aux nécessités d’un discours partisan. La Déclaration du 1er novembre, qui fut l’acte fondateur, lança la lutte armée et fixa les objectifs d’indépendance. La Soummam, dix mois plus tard, donna à cette lutte une ossature politique et militaire, une hiérarchie et une stratégie. Les deux textes ne s’opposent pas, ils se complètent. L’un a donné le souffle, l’autre l’organisation. Soutenir le contraire, comme le fait Mokri, c’est falsifier l’histoire et manquer de respect à ceux qui ont tout sacrifié pour la liberté de ce pays. Car jamais les dirigeants de Novembre ni les artisans de la Soummam n’ont conçu leur action comme concurrente. Leur objectif était unique : l’indépendance et la construction d’un État souverain. Ce type de polémique n’est pas neuf. Déjà, les ancêtres idéologiques de Mokri avaient choisi leur camp avant et durant la guerre, souvent loin du sacrifice et de l’unité nationale. Aujourd’hui encore, certains persistent à vouloir travestir la mémoire collective pour des calculs politiciens. Et pourtant, son ancien chef Mahfoud Nahnah ne cessait de rappeler, chaque fois que besoin était, que l’Algérie a été libérée par tous et doit se construire par tous. Un héritage d’unité que Mokri s’évertue à renier au profit de ses obsessions partisanes. Les Algériens savent que la Révolution de Novembre n’appartient à aucune chapelle idéologique ni à aucune faction partisane. Elle est le bien commun du peuple tout entier, le creuset de l’unité nationale et le socle indestructible de l’État indépendant. Ni les falsifications ni les tentatives d’instrumentalisation ne pourront altérer cette vérité. Novembre et la Soummam demeurent les deux piliers d’une même épopée, un serment gravé dans la conscience collective. La mémoire et l’histoire ne doivent jamais être dévoyées dans la polémique ni utilisées comme armes dans des luttes partisanes pour assouvir des ambitions électoralistes ou populistes. L’Algérie ne se brade pas et ne s’instrumentalise pas. Elle se défend, elle se construit et elle se projette dans l’avenir dans l’esprit de Novembre et de la Soummam, avec la fidélité indéfectible aux sacrifices des martyrs, afin que jamais ne vacille l’indépendance chèrement acquise.
Déclaration du 1er novembre 1954 et Plateforme de la Soummam de 1956. Mokri ou l’art d’entretenir l’amalgame
- par Hocine Smaali
- Le 23 Août 2025
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