En ce cœur d’été, marqué par des chaleurs extrêmes et des vents parfois violents, l’Al-gérie fait face à l’épreuve récurrente des incendies de forêt. Mais les bilans dressés jusqu’au 20 août témoignent d’un constat encourageant : les superficies ravagées par les flammes sont en recul par rapport à l’année précédente. Selon la Direction générale des forêts, 2.296 hectares ont été détruits depuis mai 2025, contre près de 2.880 hectares à la même période en 2024. Une baisse qui illustre l’efficacité des dispositifs de prévention et d’intervention mis en place par les autorités. La campagne nationale de lutte contre les feux s’est appuyée sur une stratégie proactive : durcissement des sanctions contre les pyromanes, acquisition de nouveaux moyens aériens, recours aux drones pour la détection rapide, mais aussi sensibilisation de la population. Cette vigilance citoyenne demeure essentielle, notamment dans les wilayas les plus exposées. À la mi-août, la DGF a dû faire face à 39 incendies en quelques jours, notamment à Tizi Ouzou et Béjaïa, sans que la situation ne dégénère comme lors des étés meurtriers de 2021. La Protection civile, mobilisée avec plus de 115.000 agents et épaulée par une flotte de 18 aéronefs, se tient en première ligne. Son dispositif repose sur l’anticipation, la coordination intersectorielle et des manœuvres de simulation annuelles. Les interventions conjointes avec l’Armée nationale populaire renforcent cette capacité de réaction, notamment dans les zones montagneuses difficiles d’accès, comme récemment à Taourirt Ighil (Béjaïa) où plusieurs bombardiers d’eau ont permis de circonscrire les flammes. Depuis mai, 390 incendies ont été recensés à travers le territoire, un chiffre significatif mais dont l’impact a été limité grâce à une meilleure réactivité. Le plus important foyer, à Djaâfra (Bordj Bou Arreridj), a détruit 705 hectares avant d’être maîtrisé. En parallèle, des projets de reboisement et d’extension du Barrage Vert, associés à des technologies de surveillance développées par des start-up locales, visent à renforcer la résilience des forêts. Si le recul des surfaces incendiées constitue un signal positif, les autorités rappellent que le risque reste élevé, accentué par le changement climatique. Le ministère de l’Intérieur appelle ainsi à une vigilance accrue, soulignant que la réussite du dispositif repose autant sur l’efficacité institutionnelle que sur la responsabilité citoyenne. Dans cette lutte estivale, chaque geste de prévention contribue à préserver un patrimoine forestier vital pour l’équilibre écologique et la sécurité des populations.