Les cours du brut poursuivent leur repli, lestés par les signaux d’apaisement sur les fronts ukrainien et moyen-oriental. Ce mardi matin, le Brent de la mer du Nord cédait 1,2% à 65,8 dollars à Londres, tandis que le WTI reculait à 61,9 dollars sur le Nymex. Au centre de cette détente, la rencontre lundi à Washington entre Donald Trump et Zelensky. Le président américain a annoncé vouloir préparer un sommet avec Vladimir Poutine, une perspective qui nourrit l’idée d’un règlement diplomatique. «Les négociations semblent progresser, ravivant l’espoir d’une fin prochaine de la guerre», notent les analystes de Commerzbank, cités par Boursier.com. Un espoir qui pèse immédiatement sur les cours, les marchés anticipant un retour de volumes russes plus abondants. L’assouplissement américain vis-à-vis des sanctions secondaires sur les importateurs de brut russe accentue ce sentiment. «Cette évolution réduit le risque de perturbations de l’approvisionnement mondial», analyse Suvro Sarkar, expert énergie chez DBS Bank. Bart Melek, de TD Securities, va plus loin : un règlement favorable pourrait ramener le baril vers 58 dollars entre fin 2025 et début 2026. L’AFP rapporte qu’une proposition russe - cession par Kiev de Donetsk et Lougansk en échange d’un gel du front sud - circule en coulisses, renforçant la perception d’un compromis possible. Pour Ole Hvalbye, de la banque Seb, le signal reste «légèrement positif », même si les Européens ne sont pas prêts à reprendre rapidement leurs importations d’énergie russe. Le marché ignore pour l’heure les perturbations causées par des frappes ukrainiennes sur l’oléoduc de Druzhba, qui ont interrompu temporairement les flux vers la Hongrie et la Slovaquie. Plus encore, l’annonce d’une trêve acceptée par le Hamas dans la bande de Gaza, assortie d’un échange d’otages, contribue à effacer une partie de la prime de risque géopolitique. «C’est un petit pas vers une région plus pacifique», estime Tamas Varga, du courtier PVM. Reste que le marché avance à tâtons. Andy Lipow, de Lipow Oil Associates, souligne auprès de l’AFP que l’issue du dernier sommet Trump-Poutine demeure «ambiguë»: pas de nouvelles sanctions américaines pour l’instant, mais des menaces persistantes visant l’Inde. Entre allègements potentiels et durcissements possibles, l’or noir reste suspendu à la diplomatie. Pour l’heure, la perspective d’une détente domine. Mais les équilibres restent fragiles, et chaque revirement dans les négociations pourrait rapidement inverser la tendance.