OPEP : Resserrement du marché pétrolier en vue

L’OPEP a sorti mardi ses nouvelles prévisions, et le moins que l’on puisse dire, c’est que le cartel pétrolier voit l’avenir… en hausse, malgré un marché volatile. L’organisation table désormais sur une augmentation de la demande mondiale de pétrole de 1,38 million de barils par jour en 2026, contre 1,28 million précédemment. Pour 2025, la prévision reste à 1,29 million. Ce réajustement s’appuie sur des performances économiques meilleures que prévu dans les économies de l’OCDE et plusieurs pays émergents. Mais cette embellie statistique s’accompagne d’une note de prudence. Boursier.com rapporte que l’OPEP prévoit un resserrement du marché pétrolier dès l’année prochaine, les stocks mondiaux risquant de chuter de 1,2 million de barils par jour si la production interrompue n’est pas relancée. Le groupe s’attend à ce que l’offre non-OPEP+ augmente de 630 000 barils par jour en 2026, une révision à la baisse par rapport aux 730 000 prévus auparavant. Les États-Unis, moteur de cette hausse, devraient contribuer pour 130 000 barils, bien en deçà des estimations de janvier. Du côté de Washington, l’Energy Information Administration (EIA) confirme que la production américaine atteindra un record de 13,41 mbj en 2025, avant de reculer légèrement à 13,28 mbj en 2026, conséquence directe d’un Brent attendu autour de 51 dollars, contre 58 dollars dans ses précédentes prévisions. Cette baisse de prix, liée en partie aux hausses de production de l’OPEP+, devrait alléger la facture à la pompe pour les Américains, avec un gallon sous les 2,90 dollars. Reste que les marchés ne semblent pas partager entièrement cet optimisme. AWP/AFP note que les cours ont reculé mardi malgré la prolongation de la trêve commerciale USA-Chine. Le Brent a cédé 0,77% à 66,12 dollars, le WTI 1,24% à 63,17 dollars. Les investisseurs redoutent une offre excédentaire, alimentée à la fois par l’OPEP+ et par des données économiques mitigées aux États-Unis comme en Chine. L’OPEP elle-même admet que les incertitudes persistent : tensions commerciales, risques géopolitiques, négociations encore inachevées avec Washington pour plusieurs grandes économies, et effets potentiels des nouvelles taxes américaines. Derrière la rhétorique confiante, se dessine donc un scénario fragile : un équilibre précaire entre une demande dopée par la croissance mondiale et une offre qui pourrait, à la moindre erreur de réglage, inonder le marché. Et comme souvent dans l’or noir, la prochaine réunion de l’OPEP+ sera scrutée comme un rendez-vous décisif — pour savoir si cet optimisme tiendra, ou s’évaporera comme une flambée de cours après un tweet présidentiel.


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