Alors que l’été 2025 s’annonce particulièrement chaud, l’Algérie semble avoir retenu les leçons des années précédentes. La Direction Générale des Forêts (DGF) ne ménage aucun effort pour anticiper les feux de forêt qui, à l’instar des autres pays du bassin méditerranéen, menacent chaque saison la couverture végétale du pays. Après une baisse remarquable de 91 % des incendies en 2024, les autorités misent sur une approche proactive et intersectorielle. À la manœuvre, la DGF a mis en place un dispositif colossal. Une commission nationale de protection des forêts a été installée, regroupant 13 ministères, accompagnée de structures décentralisées: 40 commissions de wilaya, 471 au niveau des daïras, et plus de 1.260 au niveau communal. L’objectif est clair : prévenir, détecter et intervenir rapidement. Sur le terrain, les sentiers forestiers ont été dégagés, des tranchées coupe-feu créées et les anciennes nettoyées. Des tours de guet stratégiquement placées, des points d’eau aménagés et 120 postes avancés ont vu le jour dans les zones à risque. Côté équipement, pas moins de 544 véhicules de première intervention, 42 camions-citernes, 497 tours de guet et 40 colonnes mobiles sont mobilisés. La technologie n’est pas en reste. Trente-cinq drones assurent une surveillance aérienne, en attendant l’acquisition de 80 autres. Une modernisation qui traduit un virage décisif vers une détection plus précoce, élément clé pour contenir les feux dès leur déclenchement. Mais au-delà des moyens techniques, l’élément humain reste central. La DGF insiste sur la sensibilisation comme première barrière. En coordination avec la Protection civile et la Gendarmerie nationale, des campagnes ciblent les citoyens, notamment pour prévenir les comportements à risque, comme l’allumage de feux près des zones boisées. Dans cet élan collectif, les opérateurs publics et les agriculteurs sont aussi mis à contribution : Sonelgaz nettoie les zones sous les lignes à haute tension, la SNTF débroussaille les abords ferroviaires et les agriculteurs doivent aménager des tranchées protectrices. Alors que les incendies récents, dans des wilayas comme Boumerdès, Sétif ou Tizi Ouzou, ont pu être maîtrisés sans lourds dégâts, ce déploiement massif semble déjà porter ses fruits. La bataille contre les feux de forêt est loin d’être gagnée mais l’Algérie montre qu’avec anticipation, coordination et responsabilité collective, elle peut limiter l’ampleur du désastre.