L’anarchie de la publicité souille l’environnement urbain
Par Lotfi Abdelmadjid
Si la priorité de l'Assemblée Populaire Communale de Mostaganem c'est d'améliorer le cadre de vie des citoyens de la ville, cela doit passer par soigner quelques détails avant même de parler de projets structurels. L'organisation des panneaux publicitaires est une des priorités incontournables qui s'inscrit, justement, sur la qualité de vie urbaine et le développement durable. Or à Mostaganem on assiste à une anarchie d'affichages publicitaires qui ne dit pas son nom. La problématique des annonces posées sur les murs, les espaces publics, sur des panneaux de fortune envahissant les trottoirs, s'imposant dans des espaces verts, corrompant le paysage urbain, prouve qu'aucune autorité, qu'aucun département ne contrôle cette déconfiture. Ceci se passe au chef-lieu de la wilaya, une capitale dont on veut faire une destination touristique patauge dans une anarchie indéfinissable. Si nous recherchons les motifs d'une telle situation, nous nous rendons compte d'abord de l'absence d'autorité communale qui depuis des décennies a laissé faire regardant ailleurs. Car la publicité est régie par la loi or cette loi est transgressée sinon bafouée. A Mostaganem, en dehors des autres incommodités telles les plaques de circulation routière, les caniveaux non protégés, les trottoirs envahis, l'enchevêtrement menaçant des fils électriques, voilà les colossaux panneaux publicitaires qui pullulent sur le tissu urbain. Ils sont là, mal placés se dressant comme des géants mais dans un désordre démesuré. Des inscriptions sur les murs, des plaques difformes rouillées, de l'affichage, des panneaux sans aucune gestion ni organisation gangrènent l’environnement. Certains panneaux difformes ne répondant à aucune norme, bloquent le passage aux piétons.
Des supérettes par-ci, des laboratoires d'analyses médicales par-là, des médecins spécialistes en haut, des pizzerias en bas etc... dans un décor de désolation absolue. Plus de soixante pour cent des panneaux publicitaires sont illégaux car la publicité, bien exploitée, pourrait être une ressource financière inestimable pour la trésorerie de la commune. A Mostaganem, on a la phobie de l'ordre mais le discours est redondant quand il s'agit d'améliorer le cadre de vie des citoyens. En 2024 et au vu d’une dynamique d’embellissement entamée par le wali, la commune de 2024 n’a plus le droit de livrer l'espace urbain à l'anarchie et la clochardisation. L'ordre publicitaire doit appartenir au code de l'information. On ne peut remédier à cette situation en l'absence d'un code de l'information devant donner lieu à l'application de la loi relative à la publicité. Mostaganem doit aussi rester dans sa vocation urbaine car on doit lui éviter de perdre sa qualité ville méditerranéenne et empêcher de la rabaisser au rang de produit. A ce rythme on va droit à la situation de l'anti ville par excellence. Quoiqu'il en soit, une ville émergente comme Mostaganem ne doit pas s'abandonner à une société de consommation endormie par l’effet du libre jeu des initiatives non coordonnées des acteurs privés à l’insu des décideurs institutionnels. Cette débâcle doit être démêlée par l'application de la loi sur la publicité avant son enracinement. Pour ce faire, les élus locaux et les ''autres'' doivent se ressaisir afin de mettre un terme à cette pagaille.
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PATRIMOINE. Toute la lumière sur la personnalité du Cheikh Mohamed Benali Essanoussi
Par Charef Kassous
L’Association du Cheikh Mohamed Benali Essanoussi, de la wilaya de Mostaganem, annonce à travers une conférence de presse, l’organisation d’un colloque international pour mettre toute la lumière sur la personnalité de celui qui a fondé la Zaouya Senoussya à Mazouna en 1837soit Cheikh Mohammed ben Ali Essanoussi. Ce colloque coorganisé avec le laboratoire des dialogues civilisationnels et la diversité culturelle de l’Université Abdelhamid Ibn Badis de Mostaganem, sous l’égide du wali de la wilaya et soutenu par le Ministère de la Culture et des Arts, met toute la lumière sur la personnalité du Cheikh Mohamed Benali Essanoussi, ses œuvres, son combat et ses prouesses. Cet évènement à caractère historique sera tenu sous le slogan’’ L’étendue africaine sur l’apologie du Cheikh Mohamed Benali Essanoussi’’. Cette rencontre avec les médias locaux s’est focalisée sur les objectifs d’une telle manifestation et sur les attentes par rapport au rang historique, spirituel et mémoriel sur cet homme de la Zaouiya Essanoussia. Selon M.Khettab Tekkouk, président de l’association, l’unification des peuples, la protection mémorielle et la lutte contre le colonialisme sont les axes primordiaux que traitera cette rencontre internationale dans sa première édition. Cet évènement dont la tenue est prévue le jeudi 12 décembre 2024 au niveau de la Maison de la Culture ‘’Ould Abderrahmane Kaki verra la participation d’académiciens de huit universités algériennes ainsi que des participants par visioconférence à partir de certains pays arabes tels que la Libye, l’Egypte, Tunisie et le Tchad. Un tel colloque, assurera le principal organisateur, dissèquera sur plusieurs plans, la personnalité, les dimensions spirituelles et historique de la tariqa soufie ‘’Sanoussia’’ fondée à la Mecque en 1837 par Mohammed ben Ali El-Senoussi. Il rappelle, par ailleurs, que la famille dirigeant cette Zaouya, la famille Essanoussi, est d'origine arabe algérienne chérifienne de la région de Bouguirat. Sur les objectifs du colloque international, M.Tekkouk rebondit sur l’aspect de la préservation du patrimoine immatériel que contient l’œuvre du cheikh. Pour dire, que pour cette figure historique, fils de la wilaya de Mostaganem, le colloque est une passerelle à dresser pour d’abord sa reconnaissance en qualité d’un combattant algérien contre l’oppression colonialiste, d’un précurseur spirituel, d’un messager rassembleur. Le président affiche sa satisfaction par rapport au travail accompli par l’association car ses objectifs se dessinent progressivement sur l’échiquier national, ceux de faire toute la lumière sur l’œuvre colossale du Cheikh Mohamed Benali Essanouci. A son tour, le Dr Ahmed Brahim directeur du laboratoire des dialogues civilisationnels et la diversité culturelle de l’UMAB s’exprime sur les attentes du colloque. Selon lui, il serait opportun et dans un souci de valoriser les péripéties du cheikh, c’est d’œuvrer pour l’archive à travers la création d’un réseautage international. Il dira qu’aujourd’hui l’université contribue déjà, par des mémoires de master et des recherches doctorales à l’enrichissement de ce dignitaire de l’histoire nationale. D’ajouter, le colloque reste un instrument idoine qui tend à mettre les jalons nécessaires à la valorisation historique du maître. Pour lui, les universités algériennes et les départements d’histoire devront être les premiers à former ce réseau. Entre autres, M.A.Brahim convaincu du succès du colloque, rassure sur sa pérennisation pour les années à venir.
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La Salamandre se raconteCe qui fut un simple rocher, comme un bras avançant dans la mer, il a été découvert par de simples pêcheurs espagnols amateurs de la pêche à la ligne. Ce petit bout de rocher allait être le nom d’un site devenu une référence régionale, nationale et même en dehors de nos frontières. L’Historique de la Salamandre Mostaganem est méconnu par la majorité des Mostaganémois. Nous avons cherché et trouvé des documents qui nous renseignent sur ce lieu très prisé en bordure de mer qui est devenu un pôle touristique par excellence. Il faut le dire, la Salamandre située à l’ouest de la ville de Mostaganem s’est développée depuis une vingtaines d’années, puis devenue une petite ville côtière à part entière rivalisant avec d’autres sites touristiques à travers tout le pays. La côte rocheuse à l’Ouest de la ville s’étendant sur une bonne partie de sa façade en allant vers Kharouba et au-delà aussi de ce site balnéaire. La ville de Mostaganem fut occupée par les Français le 28 juillet 1833, par le général Desmichels commandant la division d’Oran. Dans l’histoire de Mostaganem, le nom de la Salamandre n’existait pas, ce n’est qu’après 1833. Ce n’est qu’après cette date, cette partie de la côte commença à être fréquentée par quelques pêcheurs d’origine espagnole et ce sont eux qui lui donnèrent le nom de la Pounta c’est-à-dire en français la pointe devenant un endroit de ce fait très prisé. Après cette occupation de Mostaganem par les militaires français, ils commencèrent à organiser toute une logistique pour recevoir par bateau du matériel de guerre et autres en vue de s’installer définitivement. C’est pendant l’expédition de Mascara que le Bateau à vapeur la Salamandre qui assurait le transport en matériel militaire. D’octobre 1835 à la fin Décembre 1835, cette expédition qui dura trois semaines, c’est à la fin de cette date que le Bateau à vapeur la Salamandre s’échoua juste en face de la Pounta (Pointe). À partir de cette date, ce lieu a eu pour second nom la Salamandre. Il faut dire que cette partie de la côte étant très rocheuse et parsemée de rochers, c'est un passage obligé pour s’abriter derrière la pointe ou se trouve une petite plage qui plus tard sera le Port de Mostaganem. Cette histoire rocambolesque qui n’a pas livré tout son secret à cette époque, nous a poussé à faire des recherches pour connaître les raisons de son échouage et les motifs réels de sa présence à Mostaganem et ce que l’on nous a caché pour ne pas connaître la vérité de cette période. Nous vous proposons à la lecture quelques documents pour mieux comprendre ce qui s’est réellement passé à cette époque, c’est à dire fin Décembre 1835.Telle a été l’histoire de cette partie de la côte qui jusqu’à ce jour porte le même nom la Salamandre, qui est devenu une station balnéaire très fréquentée par les estivants. Voici un passage extrait du journal courrier de bas Rhin daté du 3 janvier 1836. ‘’Titre nouvelles d’Afrique’’ qui retrace avec précision l’échouage du bateau à vapeur ‘’La Salamandre’’. L’Eclaireur de la Méditerranée, journal de Toulon, du 3 janvier donne les nouvelles suivantes d’Oran. Les dernières nouvelles d’Oran que nous recevons par le bateau à vapeur ‘’La Chimère‘’ vont jusqu’au 28 décembre 1835. «S’il faut ajouter foi à d’autres nouvelles plus récentes données, assure-t-on, par le capitaine de la Chimère, arrivée ce soir, l’embarquement du matériel destiné à l’expédition de Tlemcen n’aurait pu avoir lieu à cause du mauvais temps; on aurait même renoncé à la voie de la mer, et le bateau à vapeur la Salamandre se serait brisé sur des rochers. On ajoutait qu’aucun homme de l’équipage n’avait péri, mais que ce bâtiment était tout-à-fait perdu. De nouveaux renseignements que nous recevons ce soir nous confirment la perte du bâtiment à vapeur La Salamandre, que commandait M. le lieutenant de vaisseau Duparc. C’est sur la côte de Mazagran, pendant la nuit, avec une vitesse de huit nœuds, que s’est échoué ce navire. Au coup de canon de détresse tiré par la Salamandre, La Fortune a aussitôt envoyé ses embarcations pour sauver l’équipage, dont personne n’a péri. D’un autre côté, 400 hommes sont arrivés de Mostaganem pour border la plage sur laquelle s’est échoué la Salamandre, dans la crainte que les arabes ne viennent piller les débris de ce bâtiment. Un autre document récent que nous avons retrouvé dans une revue datée de février 2014 du Centre de Documentation Historique sur l’Algérie, portant la mention Lettre d’information du CDHA. Inclus dans le titre : Un don remarquable de décoration monumentale.