Selon des témoignages très proches du Pape Léon XIV, l’Algérie, où il sera officiellement et solennellement reçu sous huitaine, a une place particulière dans son esprit et son cœur à cause de Saint Augustin. Sachant bien que le jour de son élection pour occuper le trône de Saint Pierre, il s'est présenté comme un "fils" spirituel du saint Augustin d’Hippone (ancien nom de l’actuelle ville d’Annaba). Cela voudrait dire qu’il s’est imprégné par les enseignements de ce brillant docteur de l’Eglise au point où il est devenu son disciple spirituel. Et ce, en dépit de la longévité séculaire séparant le maître de son élève. Pour rappel : Saint Augustin (354-430 après JC) est né à l’actuelle Souk Ahras, en Algérie qui s'appelait Thagaste, dans la province romaine de Numidie. Il est issu d’un mariage mixte entre un père romain et une mère berbère. Il a grandi dans une famille bourgeoise. Selon ses biographes, Saint augustin est né d'un père païen appartenant à la caste romaine des Patrices et d'une mère chrétienne fervente (Monique). Il avait donc reçu l’influence spirituelle de sa mère, ainsi il sera un philosophe et un théologien, hors pair. Voilà en somme ce qu’était ce docteur de l’Eglise qui avait tant subjugué notre hôte le Pape Léon XIV, le grand chef spirituel des catholiques de la planète et également, le chef de l’Etat-Cité du Vatican. Pour quelques observateurs, la visite du chef du Saint Siege en Algérie entre justement, dans ce long processus qui avait démarré, il y a longtemps de ça, visant à établir un dialogue, entre l’Islam et la religion chrétienne catholique. Par le biais de ce dialogue, dont nous souhaitons qu’il soit permanent dans la durée et dans l’espace, l’on vise la cohabitation pacifique et le respect mutuel à travers les grandes stations de leur Histoire commune, les relations entre musulmans et chrétiens (tous rites compris) n’étaient pas toujours au beau fixe. Ces relations vacillaient entre les bonnes et les mauvaises relations. Et notre dialogue visant, outre ce qui a été dit plus haut, à mettre de côté les mauvais souvenirs lugubres et commencer un processus de coexistence pacifique. Ce projet est parfaitement réalisable notamment quand l’Eglise n’est plus ce qu’elle était, il y a des siècles, totalement acquise au fanatisme obscurantiste et au rejet de l’autre. Ce qui est positif dans l’actuelle Église moderne, c’est qu’elle est devenue plus affable et plus disponible à l’égard de l’autre. Voilà la symbolique de cette visite ! Un saint docteur de l’Église reposant en paix depuis des siècles dans une terre de l’Islam et qui n’a jamais été inquiété.



