Dessalement, levier de sécurité hydrique

Face à un stress hydrique chronique et à la pression croissante sur ses ressources naturelles, l’Algérie a fait du dessalement de l’eau de mer un pilier central de sa stratégie de sécurité hydrique. «Le dessalement d’eau de mer est devenu une base incontournable de la sécurité hydrique en Algérie», affirme Mouloud Hachlaf, assistant du PDG de la Société algérienne de dessalement de l’eau (filiale de Sonatrach). Intervenant sur la chaîne 3 de la Radio algérienne, il a souligné que le Président de la République insiste sur la nécessité d’assurer un service optimal d’alimentation en eau potable, en s’appuyant sur la diversification des ressources. Cette diversification combine barrages, nappes phréatiques, eaux dessalées et traitement des eaux usées. Aujourd’hui, l’Algérie couvre 42 % de ses besoins en eau potable grâce au dessalement, contre 18 % auparavant, soit 3,7 millions de mètres cubes par jour. La montée en puissance du secteur s’explique par la mise en service récente de cinq méga stations et la réception du programme complémentaire n°1 qui a renforcé les capacités installées. Des projets supplémentaires sont en cours dans les wilayas de Tlemcen, Chlef et Mostaganem, avec l’objectif de porter la production totale à 5,7 millions de mètres cubes/jour à l’horizon 2030. Selon Hachlaf, chaque station représente un investissement majeur, allant de 250 à 420 millions de dollars. La société assure la production, tandis que la distribution est confiée à l’Algérienne des eaux. La maintenance préventive, planifiée deux à trois fois par an, garantit un fonctionnement continu, avec des interventions limitées à quelques jours pour ne jamais interrompre l’approvisionnement. Les contraintes environnementales restent un enjeu: turbidité de l’eau, algues et crues peuvent perturber les stations, nécessitant parfois des adaptations technologiques. Les stations mobiles, alimentées par énergies renouvelables, complètent l’approvisionnement notamment dans le Sud, là où les nappes souterraines sont insuffisantes ou salées. En conjuguant dessalement, gestion des barrages, traitement des eaux usées et innovation technologique, l’Algérie cherche à sécuriser l’eau potable pour ses populations et ses secteurs stratégiques, tout en renforçant sa souveraineté hydrique. « Nous travaillons dans la prévention pour ne jamais subir », conclut Hachlaf, soulignant que ces investissements lourds visent à assurer l’accès équitable à l’eau et à préparer le pays aux défis climatiques des prochaines décennies.


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