Dans un contexte de tensions persistantes sur les marchés agricoles mondiaux, l’Algérie accélère ses achats de blé afin de sécuriser ses approvisionnements. L’OAIC a ainsi acquis environ 690.000 tonnes de blé tendre lors d’un appel d’offres international clôturé le 26 mars, à un prix estimé autour de 272 dollars la tonne, fret compris, selon des négociants cités par Reuters. Ce volume, supérieur aux standards habituels, confirme une stratégie proactive. Depuis janvier, les achats cumulés atteignent déjà près de 2,1 millions de tonnes, traduisant une volonté d’anticipation face à un marché instable. « Cet appel d’offres montre que l’Algérie sécurise activement son approvisionnement en blé pour les mois à venir », souligne un négociant cité par Reuters, dans un contexte de « forte volatilité des marchés céréaliers mondiaux ». La région de la Mer Noire, notamment l’Ukraine, la Roumanie et la Bulgarie, devrait représenter la principale origine de ces cargaisons, illustrant un basculement progressif des sources d’approvisionnement. Historiquement tournée vers l’Europe occidentale, Alger diversifie désormais ses partenaires, profitant de la compétitivité accrue de ces origines. Cette dynamique s’inscrit dans un marché mondial sous pression. D’un côté, les prix du blé ont récemment montré des signes de fermeté, soutenus par le retour des investisseurs et les incertitudes géopolitiques, comme le souligne La France Agricole. De l’autre, les échanges restent marqués par une grande prudence. Selon Reuters, les cours européens ont légèrement reculé en fin de semaine, les opérateurs évaluant l’évolution du conflit au Moyen-Orient et ses conséquences sur les coûts énergétiques et logistiques. Les risques dépassent largement le seul marché céréalier. Le blocage partiel du détroit d’Ormuz menace également l’approvisionnement en engrais, un facteur clé pour les rendements agricoles. « Dans un scénario de blocage prolongé, tous les agriculteurs à travers le monde seront touchés », a averti le chef économiste de la FAO, Máximo Torero, cité par l’ONU, évoquant un risque de baisse des récoltes mondiales. Dans ce contexte, l’Algérie apparaît comme un acteur central. Selon des analystes de Spike Brokers, elle représente près de 40 % des exportations de blé ukrainien en mars, ce qui en fait un débouché stratégique mais aussi un levier d’influence sur les flux commerciaux. Alger confirme sa position de grand acheteur mondial, tout en adaptant sa stratégie à un environnement marqué par l’incertitude, la concurrence accrue et les risques géopolitiques.



