À l’occasion du 64ème anniversaire des Accords d’Évian, la wilaya de Sidi Bel Abbès ne se contente pas de la piété commémorative. Sous l’impulsion des autorités locales, le 19 mars devient le catalyseur d’une mutation structurelle, entre sécurisation des ressources vitales et édification d’un écosystème industriel endogène. Le temps de la célébration est aussi celui du bilan et de la projection. En inscrivant l’inauguration d’infrastructures stratégiques dans le sillage de la fête de la victoire, l’exécutif de la wilaya de Sidi Bel Abbès opère une synthèse symbolique, la souveraineté conquise hier s’exprime aujourd’hui par l’autosuffisance et la dignité socio-économique. Le périple inaugural a débuté par un impératif de service public, l’accès pérenne à l’eau. Les mises en service des réservoirs de Aïn Trid (500 m3) et de Sidi Ali Boussidi (1000 m3) ne sont pas de simples prouesses techniques ; elles représentent une réponse concrète au stress hydrique et une volonté de résorber les disparités territoriales. En stabilisant le réseau d'AEP (Alimentation en Eau Potable), la wilaya renforce le contrat social qui lie l’administré à l’État, garantissant une qualité de vie conforme aux aspirations contemporaines. Cette attention portée à l’humain s’est prolongée à Sehala Thaoura. L’ouverture d’une demi-pension au CEM Benknadil illustre la doctrine de «l’école protectrice». En exigeant la distribution systématique de repas chauds, le responsable de l'exécutif Kamel Hadji rappelle que la performance pédagogique est indissociable du bien-être matériel des élèves. L’un des points d’orgue de cette séquence reste l’inauguration de la mini-zone d’activités de Belarbi. S’étendant sur plus de cinq hectares et morcelée en 46 lots, cette structure incarne la nouvelle stratégie nationale de décentralisation industrielle. Il ne s’agit plus d’attendre les grands complexes étatiques, mais de susciter une micro-industrialisation agile, capable de fixer les compétences locales et de transformer le chômage des jeunes en une force productive immédiate. Le déploiement au cœur de la zone industrielle de Sidi Bel Abbès témoigne, quant à lui, de la vitalité de l’investissement privé. La pose de plusieurs premières pierres dessine la carte d’une économie régionale en pleine diversification, Le projet de l’entreprise Ben Rahou Mohamed, spécialisé dans la pièce de rechange agricole, et celui de Chiali Top (fabrication de pompes), s’attaquent de front à la dépendance aux importations. Avec plus de 500 emplois prévus pour ce dernier, l'impact sur le bassin local sera massif, de la menuiserie moderne (Gazi Awal Zeryab) à la transformation du marbre et du granit, la wilaya structure une filière de l’habitat et de la construction hautement génératrice de valeur ajoutée. L’émergence de Recycling Invest marque l'entrée du territoire dans l’économie circulaire, tandis que l’unité de cosmétique vient compléter un tissu industriel de plus en plus polyvalent. Cette offensive de développement, qui s’étale sur trois jours à travers les communes de Tessala, Sidi Ali Boussidi ou encore Mustapha Ben Brahim, démontre que la prospérité ne peut être l'apanage des seuls centres urbains. En facilitant l'acte d'investir par la remise immédiate d'autorisations de construire, l'administration locale brise les carcans bureaucratiques pour laisser place à l'audace entrepreneuriale. Sidi Bel Abbès, à 72 ans d'histoire post-coloniale qui se profilent, semble avoir compris que la meilleure façon d'honorer les martyrs de 1962 est de bâtir une économie résiliente, où chaque lot de terrain et chaque mètre cube d'eau servent de fondations à la liberté de demain.
64e anniversaire des Accords d’Évian. Sidi Bel Abbès transforme le devoir de mémoire en levier de développement
- par Mohamed Nouar
- Le 18 Mars 2026
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