Les périodes d’examens pointent à l’horizon. Le Baccalauréat en est l’épreuve reine. Élèves et professeurs en sont conscients, certains plus que d’autres. Oui, car malheureusement le niveau de conscience n’est pas le même pour tous et le plus grave c’est que ça touche certains enseignants peu nombreux, Dieu soit loué, qui n’ont aucune conscience professionnelle! Nous le tenons de la bouche de leurs propres élèves. La négligence au moment de dispenser les cours est néfaste. Parce que ça se limite à dicter ou à écrire les leçons au tableau et aux élèves de recopier! Rien de plus. Très peu d’explications qui sont superficielles quand elles existent. Il ne s’agit pas ici de jeter l’opprobre sur l’ensemble du corps enseignant, composé en grande partie de femmes et d’hommes dévoués. Mais il est impossible d’ignorer les témoignages d’élèves qui décrivent des cours réduits à de simples dictées ou à des copies mécaniques du tableau. L’absence d’explications approfondies, le manque d’interaction et de pédagogie transforment l’apprentissage en une tâche passive et inefficace. Dans ces conditions, l’élève n’est plus acteur de son savoir, mais simple exécutant. Le désintérêt de certains enseignants engendre inévitablement celui des élèves. Comment rester attentif face à un cours monotone, sans explication ni encouragement? L’ennui s’installe, la motivation disparaît et avec elle, le goût d’apprendre. L’élève décroche progressivement, non pas par incapacité, mais faute d’être stimulé. Ce cercle vicieux est particulièrement dangereux à l’approche d’examens décisifs comme le Baccalauréat. Et c’est pour cela que les cours particuliers explosent et deviennent une nécessité pour les parents qui ont les moyens de les payer pour leurs enfants. Car la plupart ne sont pas dans cette situation d’aisance financière, conséquence des inégalités sociales souvent criardes. L’école publique, censée être un levier d’égalité, se retrouve paradoxalement à creuser les écarts. Ceux qui ne peuvent pas payer, restent souvent livrés à eux-mêmes, avec des chances de réussite amoindries. Le sujet est effarant d’importance, c’est qu’il s’agit de la formation d’une génération qui aura la lourde et délicate charge de gérer le pays et faire fonctionner son économie et ses institutions dans le futur. Ceux qui sont à blâmer, sont faciles à pointer du doigt. Aucun pardon n’est pensable à l’endroit de certains services et responsables qui n’auront pas assumé toutes leurs obligations au sein des autorités, structures et instances à tous les niveaux de hiérarchie, investies par la République de la mission de surveillance, de contrôle et de vérification de la probité professionnelle dans le corps des enseignants. Former un élève, c’est participer à construire un citoyen, un professionnel, un acteur de la société de demain. Faillir à cette tâche, c’est compromettre bien plus qu’un simple parcours scolaire et c’est porter une culpabilité condamnable à plus d’un titre. Réhabiliter la qualité de l’enseignement passe donc par une prise de conscience collective. Il faut redonner du sens au métier d’enseignant, renforcer les mécanismes de contrôle, améliorer les conditions de travail et valoriser l’engagement. Car au bout du compte, c’est l’avenir du pays qui se joue sur les bancs de l’école. Au fait, est-ce qu’il y a toujours des inspections pédagogiques dans les établissements scolaires? Et qui étaient un moment de vérité pour chaque enseignant?



