Protection du patrimoine forestier. L'Algérie déploie son dispositif préventif

Les superficies algériennes ont reculé de 90 % d’atteintes par les feux de forêt. Quel en a été le secret? S’élevant à seulement 5.200 hectares, les superficies brûlées ont nettement régressé en Algérie par rapport à la dernière décennie. Ce progrès constaté dans la sauvegarde du patrimoine forestier national n’est pas venu d’un simple hasard mais d’efforts colossaux et de sacrifices d’hommes. Des perspectives? Dans une démarche préventive et proactive, l‘Algérie prône la vigilance et entend durcir davantage les leviers et les mesures de protection de son patrimoine forestier riche et diversifié. La protection des forêts des risques et aléas climatiques naturels ou artificiels dus aux incidents de nuisance, d’allumage de feux et d’incendies ou d’atteintes au tapis forestier d’une manière générale, est devenue une des priorités de l’Etat algérien, ces dernières années, au regard des enjeux économiques et sociaux notamment. L’Algérie se replace ainsi dans le concert des Nations du monde qui ont enrichi leurs législations de protection forestière et multiplié les mesures préventives et coercitives contre les phénomènes d’incendies criminels des forêts. Des actions de sensibilisation de volontariat avec la participation d’autres secteurs et d’autres corps de l’Etat sont également périodiquement menées dans ce contexte précis. Drones d’extinction ou de surveillance, moyens héliportés, avions canadairs, véhicules lourds et légers … autant de moyens mis en place en Algérie pour venir à bout des incendies de forêt. Un phénomène devenu récurrent mais embêtant aussi car les factures qui en découlent, sont souvent consistantes. Notre pays a pris ses devants dans le cadre de la prévention des feux de forêt, avec l’installation nationale de la commission de protection de ce patrimoine naturel. Il est utile de souligner que la Commission nationale de protection des forêts (CNPF) a pour objectif de coordonner les efforts de prévention et de lutte contre les feux de forêt et de mettre en place une stratégie algérienne pour préserver le patrimoine forestier en Algérie. «La réunion consacrée à l’installation de la Commission nationale de protection des forêts représente une étape stratégique pour évaluer les efforts nationaux et renforcer la prévention et la lutte contre les incendies», souligne le ministre qui ajoute que cette action vise à impliquer tous les acteurs concernés par la gestion des forêts et des incendies, afin d’élargir la base de coopération et de rendre les interventions plus efficaces. Dans ce sillage, le ministre de l’Agriculture a mis en évidence l’ampleur du défi. Les pertes subies par les richesses végétales et forestières, du fait des durcissements climatiques et de la sécheresse endémique durant les dernières années, ont engendré de lourdes pertes économiques s’élevant à plusieurs centaines de milliards de dinars. Il est devenu concevable voire primordial de défendre constamment et par tous les moyens légaux, ce patrimoine naturel d’excellence afin de le préserver des abus, des atteintes multiformes et des nuisances d’ordre environnemental, dues majoritairement aux forces majeures (séismes, intempéries et inondations). Pour le cas présent, le dispositif de protection algérien en vigueur est vraiment drastique selon les experts. «Au cours de la dernière décennie, l’Algérie a enregistré une moyenne annuelle d’environ 40.000 hectares de superficies forestières brûlées, avec des variations importantes selon les conditions climatiques et l’intensité des vagues de chaleur et de sécheresse», rappelle-t-il.
Cependant, le ministre salue les progrès réalisés dans la lutte contre les incendies de forêt. Notant que les années 2024 et 2025 ont enregistré une baisse sans précédent des superficies brûlées. La superficie totale touchée en 2025 n’a pas dépassé 5.289 hectares, soit une baisse d’environ 90% par rapport à la moyenne de la décennie précédente. «Ces chiffres sont des preuves tangibles que la stratégie adoptée par le gouvernement porte ses fruits», note le ministre. Selon lui, ces résultats reflètent l’efficacité de la stratégie nationale adoptée dans le domaine de la prévention et de la lutte contre les incendies de forêt. Le ministre insiste également sur la nécessité de moderniser les moyens d’intervention. «Les moyens d’intervention ont été diversifiés, notamment à travers la mobilisation de 364 camions-citernes, au profit de l’administration des forêts et de la Protection civile», détaille-t-il. Ces moyens permettent d’améliorer la réactivité des équipes sur le terrain et d’optimiser la rapidité des interventions, particulièrement dans les zones les plus vulnérables. Mais l’innovation ne se limite pas à l’augmentation des moyens matériels. Le ministre précise que la stratégie repose également sur une approche plus technologique, dans le but de détecter les incendies. Le ministre annonce également que 140 drones seront utilisés pour la surveillance des massifs forestiers et la détection rapide des foyers d’incendie à leurs premières phases. Ces drones permettront de repérer rapidement les foyers naissants et d’envoyer les informations aux équipes d’intervention en temps réel.
De plus, l’exploitation des images satellites, en coopération avec l’Agence spatiale algérienne (ASAL), permettra une évaluation plus précise des dégâts causés par les incendies et aidera à mieux cartographier les zones à risque. L’anticipation est désormais au cœur de la stratégie nationale de gestion des incendies. Le ministre a expliqué: «Les risques d’incendie ne sont plus uniquement liés à la saison estivale, ce qui nécessite une approche anticipative fondée sur l’analyse scientifique des données climatiques et environnementales». L’Algérie a mis en place une série d’outils permettant d’identifier les périodes à haut risque, grâce à des données météorologiques et des simulations climatiques. Ces informations permettent de déployer les ressources humaines et matérielles avant que les incendies ne surviennent. Le ministre met également en avant l’importance de la collaboration intersectorielle. «La mise en place de bases de données numériques nationales facilitera l’échange d’informations entre les secteurs impliqués dans la gestion des incendies», précise-t-il. Yacine El Mahdi Oualid rappelle l’importance stratégique de la protection des forêts pour l’avenir de l’Algérie. «La protection des forêts et des ressources naturelles constitue aujourd’hui un élément essentiel de la souveraineté environnementale des États, car elle est étroitement liée à la sécurité alimentaire, environnementale et hydrique de notre pays», signale-t-il.


ads