Le marché pétrolier mondial traverse une période de volatilité exceptionnelle, exacerbée par la guerre au Moyen-Orient et les tensions sur le détroit d’Ormuz. Depuis le début du conflit, le baril de Brent a bondi de 72,48 dollars le 27 février à 103,14 dollars vendredi, soit une hausse de plus de 42 %, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) américain a gagné 47 %, à 98,71 dollars. Cette flambée est liée à la chute des livraisons en provenance du Golfe, qui transite par le détroit d’Ormuz, représentant 20 % du pétrole mondial. Pour répondre à cette tension, les États-Unis ont autorisé temporairement la vente de pétrole russe stocké sur des navires, jusqu’au 11 avril, visant à « accroître la portée mondiale de l’offre existante » tout en précisant qu’il ne s’agit que d’une « mesure à court terme », selon Scott Bessent, secrétaire au Trésor à l’AFP. Moscou a salué cette décision, son émissaire Kirill Dmitriev soulignant que «sans le pétrole russe, le marché mondial de l’énergie ne peut rester stable». Parallèlement, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a orchestré le déblocage historique de 400 millions de barils de réserves stratégiques, mais les experts soulignent que cela ne suffira pas à compenser les pertes liées au conflit. Neil Wilson, analyste de Saxo Group, rappelle que cette mesure «atténue certaines préoccupations concernant une pénurie immédiate, mais ne réinitialise pas les prix », relaye l’AFP. Les investisseurs restent nerveux face à l’incertitude persistante. Chris Weston, de Pepperstone, indique à BFMTV que « le marché anticipe désormais un conflit prolongé et des prix de l’énergie durablement élevés». La rhétorique iranienne laisse craindre un baril à 200 dollars, selon Ebrahim Zolfaqari, porte-parole militaire iranien, à Euronews, alors que Oxford Economics estime que 140 dollars le baril pourrait entraîner une récession légère, affectant le PIB mondial de 0,7 % d’ici la fin de l’année. Malgré les annonces américaines et le déstockage, le marché reste volatile, avec des Bourses européennes et asiatiques en repli et un dollar renforcé. Les analystes concluent que l’évolution du prix du pétrole dépend avant tout de la durée des hostilités au Moyen-Orient et du blocage du détroit d’Ormuz, soulignant l’importance cruciale de la stabilité géopolitique pour éviter des hausses de prix incontrôlables.



