L'aliment pour bétail qui est l’orge et le son de blé, ont connu ces dernières semaines une augmentation spectaculaire de prix sur le marché d'où le cri de désespoir des éleveurs qui dénoncent des dysfonctionnements dans le recensement. Pourtant l'Algérie est classée au 2ème rang des plus grands producteurs d'orge dans le monde arabe et en Afrique, avec une production avoisinant 1,2 million de tonnes selon un rapport établi par le Département de l'Agriculture des Etats-Unis (USDA). Les changements climatiques, surtout la sécheresse et le rétrécissement des zones de parcours et enfin la flambée vertigineuse des intrants ont influé de manière désastreuse sur la filière ovine. Celle-ci s'enfonce dans une crise profonde d’où le marasme des éleveurs devant cette situation pour le moins chaotique. La Fédération nationale des éleveurs, après avoir lancé la sonnette d'alarme, interpelle les pouvoirs publics pour trouver un consensus. En effet, les éleveurs dénoncent une hausse spectaculaire des prix de l’aliment pour bétail, devenu inaccessible sur le marché. Cette situation menace la survie de leurs élevages. Selon eux, l’orge subventionnée plafonne les 56% en quelques semaines, pour atteindre la bagatelle de 6.000 Da le quintal sur le marché parallèle. La colère monte d'un cran chez les éleveurs de bétail. Ceux-ci restent confrontés à une flambée des prix de l'aliment pour bétail inédite. C'est la saignée. Ils dénoncent une situation de plus en plus difficile à gérer eu égard à cette frénésie. Dans plusieurs wilayas du pays, on note le ras le bol et le marasme des éleveurs qui s’est traduit par un mouvement de protestation contre cette hausse vertigineuse qui menace la pérennité de leurs élevages.
En effet, Mohamed Boukarabila, membre du bureau national de la Fédération nationale des éleveurs, reste catégorique puisque selon lui le prix subventionné de l’orge a grimpé de 2 500 dinars à 3 900 dinars le quintal et a même atteint 6.000 dinars chez les opérateurs privés. Le prix du son de blé a connu la même tendance cette année car il passe de 1.800 dinars à 2.000 dinars le quintal chez l’Etat, alors qu’il avoisine les 4 800 à 5 000 dinars le quintal sur le marché parallèle. L'orateur reste sceptique puisque le cheptel ovin nécessite un kilogramme d’orge par tête au quotidien. Il rappelle à cet effet, que cette céréale constitue désormais un aliment principal en raison de l’absence quasi totale de végétation dans les zones de parcours. Cependant il est important de savoir que la zone steppique ne compte plus de végétation à cause de la sécheresse qui a frappé ces régions. A cet effet, la zone steppique, traditionnellement dédiée au pacage du cheptel national, s’est considérablement rétrécie. Cette zone est de plus en plus accaparée par des investissements agricoles destinés à diverses productions, au détriment des espaces naturels réservés au pâturage du cheptel. Selon Boukarabila, la réduction des zones de parcours, combinée à la cherté de l’aliment pour bétail, a entraîné la disparition progressive des petits et moyens éleveurs. Face à cette situation pour le moins dramatique, cet éleveur interpelle les pouvoirs publics à la préservation des zones steppiques par associer la Fédération nationale des éleveurs afin d’identifier les insuffisances de la filière et de trouver conjointement des solutions concrètes et durables à cette problématique. Signalant que la zone steppique en Algérie couvre environ 200.000 Km2 entre l'Atlas tel au nord et l'Atlas saharien au sud, forme une vaste région semi-arides hauts plateaux. Elle est caractérisée par une végétation pastorale (alfa, armoise) et un climat continental, elle est le berceau de l'élevage ovin extensif et de la transhumance, tout en étant fortement menacée par la désertification.
Agriculture. Plaidoyer pour la préservation des zones steppiques
- par Nadira FOUDAD
- Le 11 Mars 2026
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