Journée internationale des droits des femmes. De la résistance à l'édification

Belles, jeunes mais sans liberté, les femmes algériennes de la résistance jusqu’à la glorieuse révolution (1954-1962) ont tout donné, tout sacrifié pour l’Algérie. Elles ont marqué l’histoire et tenu haut le pavé devant la tyrannie et le despotisme. Aujourd’hui, les descendantes de Lalla F’atma N’Soumeur, Hassiba Ben Bouali ou encore Djamila Bouhired en sont plus que fières. Elles qui s’acharnent à porter le flambeau et transmettre le message aux générations féministes nouvelles. Chacune à sa manière, à sa propre vision, elles poursuivent le combat pour une Algérie nouvelle. Une autre révolution est née et qui fait du pays, ce qu’il est devenu aujourd’hui… De la résistance à l’édification, les femmes algériennes sont une référence dans le monde. Jadis jeunes, elles croquaient la vie à pleine dent mais leur vie a été courte avec tournant. Leurs successeuses d’aujourd’hui continuent la mission et forcent leur chemin. Le combat de la femme dans le monde n’est pas sans rappeler inextricablement cette défaillance des droits les plus légitimes comme l’accès au travail ou aux postes supérieurs au moment où l’on cesse de prêcher l’égalité des sexes et des droits. Malgré ses progrès, l’occident semble narguer l’égalité salariale. Les chiffres sont amers. En France par exemple, des statistiques de l’INSE de 2024-2026, dévoilent que les femmes gagnent 22 % de moins que les hommes. Un décalage qui en dit long pour ce pays qui se targue de respecter les Droits de l’Homme et la démocratie.
D’ailleurs, cet écart meuble aujourd’hui l’actualité sociale en Europe. Il fait même ses choux gras dans les débats politisés médiatiques. En Algérie, la situation est différente: à travail égal, la rémunération ne dépend pas du genre mais de la compétence. Certes, des défis subsistent encore dans l’émancipation de la femme dans certains milieux professionnels mais à l’occasion de la Journée des droits des femmes, force est d’admettre que les avancées réalisées sont considérables. Des institutions publiques aux entreprises privées, en passant par l’entrepreneuriat et les professions libérales, les femmes algériennes ont tout conquis, tout investi pour le pays. Elles occupent désormais des postes de plus en plus importants voire stratégiques. Une évolution qui n’est pas venue d’un simple hasard mais qui est due aux actions théoriques et égalitaristes des hommes d’Algérie. C’est un lourd héritage des figures de la résistance et de la Guerre d’Algérie qui est ainsi profondément ancré dans la mémoire collective. Les descendantes de Lalla F’atma N’Soumeur, Hassiba Ben Bouali ou encore Djamila Bouhired semblent aujourd’hui poursuivre, chacune à leur manière, une autre forme de combat. Une révolution silencieuse, menée dans les salles de classe, les amphithéâtres, les bureaux des administrations et les entreprises. Chaque année, les jeunes filles sont d’ailleurs plus nombreuses à réussir les examens nationaux et à accéder à l’université, ouvrant la voie à une présence accrue dans les secteurs clés de l’économie. Leur empreinte tape à l’œil à l’éducation nationale, la santé et l’administration publique, dans les services, le textile, l’artisanat ou encore la communication et la presse. Là où leur présence est remarquée, c’est à la Justice, la Sûreté, la Douane, la Défense, les Aéroports et les Ports, dans les avions de combat ou civils. Les femmes algériennes rivalisent même de la parité: elles représentent plus de 49 % des magistrats, selon des données arrêtées à la fin de l’année 2025. Sur le plan institutionnel, plusieurs réformes ont renforcé cette dynamique. Il faut rappeler que la Constitution de 2020, promulguée sous la présidence d’Abdelmadjid Tebboune, a relégué la femme au premier plan. Elle a consolidé les principes d’égalité, d’autonomisation politique et de protection contre les violences faites aux femmes. Parmi les mesures adoptées, figurent le soutien à l’entrepreneuriat féminin, la promotion des micro entreprises, l’amélioration de l’accompagnement juridique et la valorisation du rôle des femmes dans le développement national. Le chef de l’État encourage également leur participation active à la vie politique et économique.
Les femmes sont, désormais, présentes au gouvernement et à la tête d’institutions autrefois considérées comme des bastions masculins. C’est, notamment, le cas avec Leïla Aslaoui, nommée à la présidence de la Cour constitutionnelle, occupant ainsi l’un des postes les plus stratégiques de l’État. Salima Moustrati dirige, pour sa part, la Haute autorité de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption, une institution principale dans l’assainissement de la vie publique. Dans le domaine économique, Amel Abdellatif s’est imposée dans l’univers exigeant des finances publiques, à la tête des impôts, avant d’être nommée ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national. Son premier Ramadhan à ce poste a été marqué par une mobilisation importante pour assurer l’approvisionnement des marchés. Dans les hydrocarbures et des mines, Karima Bakir Tafer, secrétaire d’État auprès du ministre des Hydrocarbures et des Mines, chargée des Mines, participe à la supervision de projets stratégiques tels que celui de Ghar Djebilet, à Tindouf, l’un des plus importants gisements de fer d’Afrique, avec près de 3,5 milliards de tonnes de réserves. Elle s’occupe également de Bled El Hadba et d’Oued Amizour. Ces trois grands projets structurants mobilisent également de nombreuses femmes ingénieurs. A l’entreprise, elles s’affirment avec aisance et assurance. Samah Lahlouh, jeune dirigeante de moins de 40 ans, au groupe public Giplait, Samira Bezaouia, entrepreneuse fondatrice de Samira TV ou encore Leïla Akli, de l’agence P.Relation illustrent cette dynamique où les femmes s’imposent progressivement dans le management, la communication et les affaires. Dans des domaines autrefois considérés comme exclusivement masculins, certaines brisent même les stéréotypes. Des mécaniciennes automobiles comme Sarah Haddadi ou Hadda Djeghidal démontrent, chaque jour, leur savoir-faire dans le diagnostic et la réparation de véhicules, incitant une nouvelle génération à investir les métiers techniques. Mais au-delà des grandes fonctions et des parcours remarqués, il y a aussi ces milliers de femmes anonymes. Des mères, des filles, des travailleuses qui, à travers de petites activités ou un travail quotidien souvent discret, contribuent à faire vivre leurs familles et à renforcer la cohésion sociale. Présentes dans la vie politique, économique et associative, elles s’imposent, aujourd’hui, comme des actrices incontournables du développement national. Celles qui sont nos mères, nos sœurs et nos épouses demeurent l’un des piliers de la société algérienne. Elles l’avaient déjà démontré durant la guerre de libération nationale. Elles continuent de le prouver aujourd’hui, dans chaque secteur, chaque institution, chaque entreprise. L’Algérie avance aussi grâce à elles. Bonne fête, Mesdames…


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