L’Algérie accélère sa transition énergétique et entend s’imposer comme un futur acteur majeur de l’hydrogène vert, en s’appuyant sur ses ressources solaires exceptionnelles, ses infrastructures gazières et sa proximité avec l’Europe. Selon le directeur du Groupe des énergies vertes algériennes, Dr Boukhalfa Yaïssi, l’hydrogène vert constitue le pilier central d’une stratégie visant à réduire progressivement la dépendance aux hydrocarbures, tout en préparant une nouvelle économie énergétique bas carbone. La feuille de route adoptée en 2023 prévoit une montée en puissance progressive des projets, avec un accent particulier sur la formation, le cadre réglementaire et les infrastructures. L’objectif est double : satisfaire la demande nationale croissante en énergie propre et se positionner sur les marchés internationaux, notamment européens. L’exportation envisagée passerait par la Tunisie et l’Italie vers l’Autriche et l’Allemagne, en utilisant les gazoducs existants, ce qui permettrait de réduire significativement les coûts logistiques et d’améliorer la compétitivité de l’offre algérienne. Le socle de cette stratégie repose sur le développement de 15.000 MW d’électricité renouvelable, principalement solaire, destinés à alimenter la production d’hydrogène vert. Cette capacité devrait permettre à l’Algérie de proposer un hydrogène à coût compétitif sur le marché mondial et de couvrir, à terme, près de 10 % de la demande européenne à l’horizon 2040 (Radio Algérie Internationale). Dans un rapport récent, l’Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole souligne que l’Algérie figure parmi les pays arabes les plus avancés dans ce domaine. L’Organisation met en avant la construction d’une unité semi-industrielle de 50 MW à Arzew et l’élaboration d’un cadre juridique destiné à attirer les investissements internationaux, tout en saluant les avantages géostratégiques du pays notamment ses pipelines directs vers l’Europe et ses vastes ressources renouvelables. Au niveau international, la course à l’hydrogène vert s’intensifie, portée par les objectifs climatiques et la volonté de sécuriser des approvisionnements énergétiques décarbonés. L’Union européenne considère l’Algérie comme un partenaire stratégique, tant pour le gaz naturel que pour les énergies propres. Lors d’un dialogue énergétique de haut niveau en février 2026, les deux parties ont réaffirmé leur volonté de développer des projets communs dans l’hydrogène, les renouvelables et les interconnexions électriques. Au-delà des enjeux climatiques, cette transition représente pour l’Algérie une opportunité majeure de diversification économique. Le développement d’une filière hydrogène compétitive pourrait générer des investissements massifs, créer des emplois industriels qualifiés et ouvrir une nouvelle ère d’exportations énergétiques.



