Services techniques communaux. Gardiens de la loi ou complices du désordre?

Routes éventrées, trottoirs défoncés, tranchées laissées à ciel ouvert… D’El Hamri à Brunie, en passant par Maraval, Les Castors et Cuveillier, Es Senia, Bir El Djir, les chantiers se multiplient sans que leur achèvement ne soit visible. Si la modernisation d’Oran est une nécessité, l’absence de suivi et de communication transforme certains quartiers cités en véritables parcours d’obstacles. À Oran, ouvrir un chantier semble devenir une formalité. Le refermer dans les délais, en revanche, paraît beaucoup plus compliqué. Dans plusieurs artères d’El Hamri, des tranchées restent béantes depuis des semaines, exposant riverains et automobilistes à des risques permanents. À Es-Sénia, des routes fraîchement creusées peinent à retrouver leur état initial, laissant place à des chaussées irrégulières et poussiéreuses. Du côté de Maraval et du secteur USTO, les habitants dénoncent un quotidien devenu pénible : circulation perturbée, trottoirs impraticables, commerces impactés par la baisse de fréquentation. Les piétons marchent sur la chaussée faute d’espace sécurisé, tandis que les conducteurs slaloment entre gravats et déviations improvisées. Personne ne remet en cause l’utilité des travaux. Une grande ville doit évoluer, rénover ses réseaux, améliorer ses infrastructures. Mais ce qui irrite les citoyens, c’est l’impression d’abandon une fois les tranchées ouvertes. Peu ou pas de panneaux indiquant la nature des travaux, encore moins une date précise de fin. Le flou total. À force, la même interrogation revient: qui contrôle réellement ces chantiers? Qui veille au respect des délais et à la remise en état rapide des lieux? Une métropole comme Oran ne peut se permettre d’être continuellement en travaux sans visibilité ni organisation claire. Moderniser, oui. Mais avec méthode, transparence et respect du cadre de vie. Car entre les annonces officielles et la réalité du terrain, le décalage devient de plus en plus visible — et de moins en moins toléré par les habitants. Et pendant ce temps, une question demeure, lancinante, presque accusatrice : que font réellement les services techniques des communes? Sont-ils débordés, impuissants, ou tout simplement absents? À moins que certains ne trouvent leurs «volutes» ailleurs, dans des arrangements feutrés avec des promoteurs peu scrupuleux… Car à voir l’état des lieux, les chantiers abandonnés, les malfaçons répétées et les infractions flagrantes sur la voie publique, le silence administratif devient assourdissant. Les citoyens, eux, n’ont ni bureaux climatisés ni délais extensibles: ils vivent au quotidien les conséquences de ces négligences. Il est temps que la transparence remplace l’opacité, que le contrôle reprenne ses droits et que les responsabilités soient clairement établies. Une commune ne se gère pas dans l’ombre, mais sous le regard vigilant de ceux qu’elle est censée servir.


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