Face au siège de la cour d’Es Sénia, une grande roue en bois a été installée comme simple élément décoratif. Mais le décor tourne court : l’eau du bassin stagne, les odeurs s’installent et les déchets s’accumulent. Précisons-le : cette roue ne tourne pas. Elle n’est reliée à aucun mécanisme hydraulique apparemment, ne remplit aucune fonction technique. Elle est là, figée, simple objet d’ornement censé rappeler un patrimoine ou donner un cachet traditionnel à l’endroit. Mais que vaut un décor lorsque son environnement est laissé à l’abandon ? Le bassin qui l’entoure est rempli d’une eau verdâtre, immobile, devenue trouble avec le temps. Des bouteilles en plastique et autres détritus traînent aux abords. L’odeur qui s’en dégage incommode les passants. Ce qui devait être un symbole d’embellissement se transforme peu à peu en point noir urbain. On ne critique pas l’idée d’aménager, d’embellir, de donner une identité visuelle à la commune. Au contraire. Mais tout projet public exige un suivi. Un bassin décoratif nécessite un entretien régulier, un renouvellement d’eau, un nettoyage constant. Sans cela, il devient un réservoir d’insalubrité en plein cœur de la ville. Le plus interpellant demeure son emplacement : face aux institutions locales. Comment une telle situation peut-elle perdurer sans réaction ? Qui est responsable de la maintenance ? Où est le service concerné ? Les citoyens d’Es-Sénia n’ont pas besoin d’éléments décoratifs figés dans une eau stagnante. Ils ont besoin d’une gestion active, visible et responsable. Car une roue immobile entourée d’eau croupie n’est pas un symbole de patrimoine. C’est le reflet d’un manque de suivi et d'un laisser-aller.
Es-Sénia. La roue ne tourne pas, mais l'indifférence oui
- par Youcef. Chaibi
- Le 25 Février 2026
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